Voilà, la bulle est de retour après l'avoir percée volontairement suite à une opération que maman a subit début juillet. Opération qui a par ailleurs été très bien, mais dont la récupération est longue puisque ma vie ne peut être en vacances question de réalité.
Quand nous nous étions laissés à la fin juin ce n'était pas du tout une joie pour ma matraque d'être en ''vacances''. Tout le monde disaient que sa peur des avions allait passer, qu'il allait se baigner et jouer dehors. Que tout cela était presque des caprices selon tout ce que les autres ont pu nous dire. Eh bien non. Rien de tout ça s'est estompé. Au contraire tout a empiré. Maintenant la matraque ne met plus les pieds dehors pour jouer ou presque. La peur des avions n'en était pas une c'est vrai, mais la douleur elle, oui! Il crie ''bobo'' dès que ça passe au dessus de nous, voulant rentrer dans la maison et cessant toute forme d'activité aussi plaisante qu'elle puisse être. Il en vient à se mutiler ou tout simplement nous faire mal parce qu'il nous tiens tellement fort. Alors une été, nous n'en avons pas. On tente de sortir à coup de demi-heure à l'extérieur, mais je peux compter sur les doigts de ma main le nombre de fois que nous pouvons dire que nous avons passé l'après-midi à profiter du carré de sable, des glissades, de la piscine. En fait non, aucune de ces activités n'a encore figuré au ''planning'', mais l'alignement d'épingles à linge et faire le pied de grue sur la première marche du balcon oui. Que de palpitations!
Fiston est anxieux plus que jamais. Malgré que nous tentons d'avoir une horaire assez fixe et un ajustement de médication, il ne dort presque plus. La dernière semaine, son record a été de 3h de sommeil consécutives. Ironiquement, sa meilleure nuit depuis le début de l'été a été lors de notre tentative de camping d'il y a 3 jours. Zak ne s'est réveillé que 4 fois pour quelques minutes seulement. Il faut dire qu'il avait tout donné: dormir en terre inconnu, être avec plusieurs inconnus, faire beaucoup de voiture, manger au restaurant, ''endurer'' sa soeur qui était dans une phase difficile elle aussi...Le lendemain, il n'a qu'éclaté. Disons que ce fut une journée typique de crises, de ''faisage de biberons'' mais devant des centaines de personnes. Le malaise...Se promener dans le Vieux Québec n'était pas l'idée du siècle. Tellement, qu'il s'est endormi exténué, les veines éclaté au tour des yeux dans mes bras, devant le château. Puis mini Lyli, n'a pas donné sa place...Rien pour aider! On a donc plié bagage et retour à la maison o;u maman a littéralement éclaté...
Je me suis demandée encore une fois, pourquoi la vie ne pouvait pas être plus simple. Zak est tout sauf un enfant facile (puis je dis à ceux qui prétendent le contraire d'aller voir ailleurs si j'y suis, car personne ne vit avec à temps plein...). Je l'aime tellement cet enfant. Un amour fusionnel qui est dans un sens malsain. Cet amour m'empêche de prendre certaines décisions qui seraient pour le mieux parce que maman ne veut pas se séparer, le laisser vivre sa vie d'autiste (jumelé à cet amour il y tout ceux savent mieux que toi et qui n'est pas aidant). Je jongle depuis le début des vacances entre l'envoyer en pré-maternel TEd ou pas, en répit ou pas... Finalement j'avais tout envoyé pour certains jours de répit dans une place qui avait ma confiance pour me faire appeler il y a quelques jours pour me dire qu'ils ne prenaient qu'à partir de 5 ans. Toute cette préparation mentale pour rien. Juste une pratique...L'école ça va finir par être clair dans ma tête puisque les rencontres s'en viennent à grands pas.
Un amour si intense que j'oublie de vivre pour moi. Je donne tout se que j'ai à lui, me laissant une grosse culpabilité sur les épaules face à mini doudounne, pour laquelle je donne tout aussi, mais à mon avis pas encore assez. Elle aussi est une enfant très difficile. Tout le monde met cela sur le dos de son frère...Oui Zak y est peut-être pour quelque chose, mais elle est ce qu'elle est aussi. Les gènes ne mentant pas (et ceux qui me disent le contraire, vous savez comment me trouver...). Je ne parle que de lui. En fait je ne parlais que de lui. On me l'a encore reproché sauf que les reproches viennent de ceux qui ne font que me poser une multitude de questions et pour qui les réponses ne sont jamais satisfaisantes puisqu'il savent tout mieux que quiconque...Zak est autiste. Ma fille a ses troubles aussi (plus dans l'ordre de la douance et de l'hyperactivité). Mais bon comme ils ont une maman et un papa supposément ''parano'', je n'en parlerai pas plus d'ici à ce que nous ayons les résultats...
Bref, je ne sais pas si c'est mon opération qui m'a rentré dedans, mais tous ceux qui disaient que vers 4-5 ans tout allait mieux n'ont pas vue juste ici. Si le langage s'est beaucoup amélioré, il demeure encore très difficile. Le trouble langagier n'est pas disparu pour autant ( plusieurs semblent l'oublier, mais ça c'est parfois faute de tout savoir...), la compréhension est encore un gros obstacle. Fiston a les chutes Niagara directement dans sa bouche. C'est tellement chouette un enfant de 4 ans et demi qui bave plus qu'un bébé faisant ses dents. Les troubles de sommeil ne diminuent pas, les troubles alimentaires non plus. Les rigidités sont telles qu'on ose presque plus respirer de peur de tout chambouler. L'auto-stimulation et l'auto-mutilation sont en force eux aussi...
Et pourtant, il a l'air si normal......Normal sur 1 ou 2 heures, sur 24h c'est une toute autre chose...C'est drôle, personne ne s'offre vraiment pour s'en occuper plus qu'une journée et il ne faut surtout pas que ça soit en même temps que mini Lyli. Beaucoup trop...(sinon ça le fait une fois et puis après ça décline...)Ou bien faire une sortie toute une journée, on oublie ça. Leurs nerfs ne tiennent pas le coup. Il bave, il lance, il jargonne, s'auto-stimule, crie, et surtout il se sauve et cela devant de parfaits inconnus aux regards tantôt compréhensifs tantôt pleins de jugements. Personne ne veut vraiment sortir avec notre famille. C'est beaucoup trop stressant. En effet! Il faut être fort pour gérer de presque perdre son enfant malgré une bonne vigilance comme ce fut le cas à la Foire Agricole de St-Hyacinthe et 2 jours plus tard au parc du coin. Après, ces mêmes personnes nous disent cinglés de mettre un collier descriptif au cou de notre enfant ou nous accuse littéralement de ne pas bien s'en occuper. '' Pas besoin voyons! Avec nous il fait pas ça! Nous il ne fuguerait pas! '' Ah bon, à quand remonte votre dernière activité avec nous? À quand remontre votre dernier 24h avec? Ah oui jamais....(merci à mon amie Julie qui a eut ce courage!)
Au travers des difficultés majeurs depuis le début de la saison estivale, on a eut quelques beaux moments: la foire, les courses de voitures, le camping (voir les photos)... Parlant de camping, je me rends compte, que depuis mon retour un large mur avec un large fossé se creuse volontairement. Je sais qui sont mes enfants. Je sais qui je suis. Je sais que ce n'est qu'une autre été de ''perdue'' et qu'il y en aura pleins d'autres. Je sais que la vie continue. Je sais que j'ai atteins mes limites et que je dois me permettre d'exister. On a encore certains projets de vie papa et moi et pour y arriver je dois être moi et être une maman. Maman et Moi doivent devenir 2 entités bien distinctes. Je dois arrêter de voir cela comme de l’égoïsme... Je chemine avec l'idée que notre vie continue comme elle est et que surement, avec le temps, les choses iront mieux. Mais pour ce faire, je dois m'éloigner des ''grugeux'' de commentaires, des ''grugeux'' qui savent tout et mieux que les autres, des ''grugeux'' aux regards accusateurs et de tous ces ''grugeux'' qui nous empêchent d'être heureux. Ce mur et ce fossé, nous serviront, à être nous. À être cette famille que l'on est et que surtout l'on mérite d'être.
Notre vie est tout sauf ordinaire. Notre vie est tout sauf compréhensible. Notre vie est tout sauf ennuyante et sans amour. Notre vie n'est pas facile, mais nous sommes heureux...comme on peut! Notre vie reprend son cours normal avec ses gros hauts et ses gros bas. Notre vie restera celle de parents d'enfants différents mais enrichissants.
Voilà c'est reparti pour nous, bonne fin d'été à vous, on vous laisse avec un petit album de notre été qui est remplis de petits bonheurs pour nous donner un regain d'énergie de continuer au travers des moins bons moments...
À bientôt, La bulle à Zak regonflé :-)
FOIRE AGRICOLE DE ST-HYACINTHE
CAMPING À QUÉBEC, MAIS AVANT UN ARRÊT AU LÉGENDAIRE MADRID!
PÊLE-MÊLE