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samedi 30 octobre 2010

UN TEXTE FORT INTÉRESSANT...À LIRE ET PARTAGER

Impact sur la vie familiale

 Extrait du document "Les effets de l’autisme sur la vie familiale", par Théo Peeters, (Pro-Aid Autisme), pp.7-15. 12/05/1999

I - Manque de possibilités de détente


Une mère disait qu’en douze ans, elle n’avait pu prendre des vacances qu’une seule fois. Malheureusement, les problèmes ne diminuent pas au fur et à mesure que l’enfant grandit. Souvent, c’est le contraire : ils prennent seulement d’autres formes.

Pendant l’adolescence de leur enfant, bien des parents ont accumulé tellement de fatigue qu’ils sont au bord de l’épuisement (imaginez ce que cela signifie : devoir être disponible 24 heures sur 24 heures, 7 jours par semaine, toute l’année). Les parents disent souvent : les autres se reposent pendant les périodes de vacances, tandis que pour nous, ces périodes représentent un supplément de travail.

Pour les enfants autistiques, l’année scolaire devrait s’étendre sur 12 mois, ou alors les autorités devraient organiser des colonies de vacances adaptées pendant les périodes de congé.

Beaucoup de parents ont des difficultés pour trouver des gardiennes. Les mères, surtout, ne trouvent plus le temps ou l’énergie à consacrer à leur propre épanouissement, à une carrière professionnelle, à la lecture ou à d’autres intérêts, et même parfois simplement au ménage.

Dans les familles sans enfants autistiques, la mère travaille quand il y a des problèmes financiers. Pour une mère qui a un enfant autistique, ceci devient impossible, car sa présence à la maison est indispensable. Et même si elle trouve du travail, elle est souvent obligée de prendre des congés en raison de circonstances imprévues. Elle risque fort de se heurter à l’incompréhension de son chef. Et pourtant, il serait utile d’avoir un peu plus d’argent pour trouver des gardiennes, une aide supplémentaire, ou pour remplacer les meubles et les ustensiles endommagés.
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II - La santé émotionnelle et physique des parents

Presque toutes les mères signalent que leur santé (émotionnelle et physique) souffre du fait que leur enfant est atteint d’autisme. Il est cependant curieux de constater que les parents devenus réellement malades, n’imputent pas leur maladie directement à l’autisme de leur enfant, mais bien au stress qui accompagne la recherche de solutions pour trouver une approche adaptée à l’enfant, pour l’enseignement adéquat et pour d’autres moyens d’aide, "surtout lorsque nous ressentons qu’il n’y a personne pour nous aider". Une mère disait : "Quand on passe tout son temps sur un carrousel, on oublie qu’il y a encore des gens sur terre qui, de temps à autre, n’ont pas le tournis".

Le type de stress auquel sont soumises les mères dépend de la période de vie dans laquelle se trouve la famille en rapport avec l’âge de l’enfant : la période préscolaire, les premières années de scolarité, l’adolescence ou l’âge adulte.

1. La période préscolaire

Pour de très jeunes enfants, qui ne vont pas encore à l’école, les problèmes sont essentiellement liés à la recherche d’un diagnostic clair et d’une assistance adéquate à domicile. Un diagnostic précoce est bien sûr important pour tous les handicaps mais l’ambiguïté de l’autisme (aspect normal, comportement difficile) rend le diagnostic d’autant plus urgent pour les parents d’enfants qui en sont atteints. Un diagnostic précoce et clair, et une assistance adéquate à domicile, peuvent mettre la famille "l’abri" du stress qui résulte de l’autocritique et du doute. Si, dans cette phase, les parents reçoivent une information claire au sujet de l’origine biologique de l’autisme (ce qui souvent n’est pas le cas dans nos pays), ils auront moins le sentiment de devoir "s’excuser de ce que leur enfant existe".

Les mères des enfants autistiques de cette tranche d’âge parlent d’une fatigue chronique résultant de l’attention constamment requise pour les enfants hyperactifs toujours en mouvement, même la nuit.

Certaines mères craignent, pendant des années, pour la vie de leur enfant qui ignore tout danger. Elles souffrent parce que leur enfant ne peut pas exprimer qu’il est malade ou qu’il a mal. Les enfants sourds ou débiles ont également des problèmes de communication, mais ils peuvent au moins communiquer leurs besoins à l’aide de gestes ou par l’expression faciale. Les parents d’enfants autistiques doivent deviner ce que signifie un accès de colère, un comportement agressif ou d’automutilation : l’enfant est-il malade, veut-il quelque chose, a-t-il peur, est-il nerveux ?

Certains enfants semblent ne pas reconnaître leurs parents, et ceux-ci parlent souvent de tentatives titanesques pour établir une relation normale avec leur enfant, mais se sentent rejetés. La plupart des parents affirment néanmoins que l’enfant les reconnaît "à sa manière". Le manque de gardiennes formées constitue, à cet âge-là et plus tard, une source de stress.
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2. La période de scolarité


Lorsque l’enfant entre à l’école, de nouveaux soucis s’annoncent; néanmoins, la plupart des parents ressentent cette période de scolarité comme un soulagement. Vers l’âge de six ans, les problèmes sont généralement moins aigus. La plupart des enfants ont alors acquis une certaine routine en ce qui concerne les repas et les heures du sommeil (mais beaucoup de familles continuent à connaître des difficultés concernant la propreté et certaines habitudes alimentaires bizarres de l’enfant).

L’hyperactivité reste, à cet âge-là, un grand problème pour certains parents. Une mère disait qu’elle se sentait vraiment prisonnière et attachée tel un câble à une dynamo engendrant une activité continue. Bien que la plupart des parents puissent dormir un peu plus régulièrement qu’auparavant, la fatigue continue à peser.

Autour de cet âge, les parents se rendent compte de la gravité du handicap social de leur enfant. Ils se font des soucis parce que leur enfant n’a pas d’amis et ne peut pas jouer avec d’autres enfants. Certains comportements étranges, renifler les visiteurs, par exemple, tout à fait innocents quand l’enfant était petit, sont de moins en moins tolérés au fur et à mesure que l’enfant grandit.

Le stress diminue considérablement quand les enfants peuvent aller à l’école toute la journée. Certaines mères peuvent alors reprendre une activité à temps partiel. Les problèmes professionnels subsistent néanmoins, en raison de la difficulté de se faire remplacer pendant les périodes de crise ou de vacances.

Beaucoup de parents ne parviennent pas à placer leur enfant dans l’enseignement spécialisé. On leur dit que l’enfant n’est pas mûr, mais on pourrait poser la question différemment : l’école est-elle mûre pour les accueillir ? Et si, à l’école, on ne peut pas faire face aux problèmes de ces enfants en raison du manque de personnes formées, les parents ont-ils automatiquement les connaissances et l’expérience nécessaires ?

En Flandre, beaucoup de parents voient comme un grand soulagement le fait que l’on a créé un réseau de petites classes-pilotes, destinées à recevoir les enfants et adolescents autistiques. D’autres se demandent si pour eux l’aide n’arrive pas trop tard. Pour ces parents, l’assistance à domicile peut constituer une aide supplémentaire.
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3. La période de l’adolescence


Une troisième période cruciale dans l’évolution familiale est l’âge de l’adolescence. Pour beaucoup de parents, même pour ceux d’enfants normaux, c’est une période "d’ulcères à l’estomac". Beaucoup de parents sont confrontés à leur propre "midlife-crisis" ; ils se font des soucis quant à leur propre santé ou leur mortalité, et n’éprouvent qu’une satisfaction très médiocre concernant leurs enfants (qui se révoltent, qui tentent, avec ou sans succès, d’acquérir une plus grande indépendance, etc.).

Il est nécessaire de situer les problèmes des parents d’enfants autistiques dans la perspective de l’évolution normale d’une famille. "L’ironie du sort fait que, écrit Mary Akerley, les adolescents autistiques sont enveloppés d’une sorte de grâce. Les adolescents autistiques ne se droguent pas, ne boivent pas, n’ont pas d’enfants et n’en font pas aux autres, ne font pas l’école buissonnière, n’organisent pas de fêtes sauvages, bref, ils ne s’amusent pas autant".

Une différence nette entre les parents d’enfants plus âgés et ceux d’enfants plus jeunes se manifeste par un plus grand réalisme, un plus grand pessimisme aussi, quant à l’avenir de leurs enfants autistiques. Les parents des jeunes enfants se concentrent sur les problèmes de communication de leurs enfants et présument souvent que tout rentrera bien dans l’ordre, une fois que la communication se sera améliorée. Au cours de l’adolescence, ils se rendent compte que le handicap est un handicap à vie et l’espoir qu’ils avaient de pouvoir mener une existence normale fait place à la préoccupation de savoir qui assumera la tâche après leur mort.

Cette prise de conscience du caractère permanent du handicap, ainsi que l’absence de structures adéquates pour accueillir l’adolescent autistique, constituent généralement les principales sources de stress. Surtout, les parents qui, par lecture, expérience ou formation, savent que leur enfant peut faire des progrès dans un environnement structuré et selon des programmes éducatifs individuels, souffrent de voir qu’à l’âge de l’adolescence, leur enfant est souvent définitivement "abandonné ". Beaucoup de parents soulignent que les jeunes autistes deviennent beaucoup plus sociables vers la fin de l’adolescence et peuvent apprendre beaucoup plus qu’avant. Malheureusement, c’est à ce moment-là que la plupart des services et des structures d’enseignement spécialisées disparaissent.

Des recherches ont montré que beaucoup de problèmes considérés comme typiques chez l’adolescent autistique (tels que la fréquence élevée des comportements répétitifs) ne sont pas directement liés à l’âge lui-même, mais sont la conséquence de programmes éducatifs mal adaptés et de l’absence d’activités adéquates. Clara Park écrit : "Jessy se sent mieux et est également plus heureuse quand elle a du travail". Or, pour la plupart des adolescents et adultes autistiques, il n’y a pas suffisamment de possibilités de travail.

Malgré tout ce stress, on constate, chez beaucoup de parents, une certaine fierté d’avoir "survécu", la fierté de pouvoir non seulement surmonter leurs propres soucis, mais d’avoir également appris à affronter des spécialistes "difficiles". Ils ont trouvé une "cause" pour laquelle ils luttent. Surtout les parents membres d’une association de parents sont particulièrement conscients de leur force, en particulier lorsque certaines structures sociales ont été adaptées à leurs enfants grâce à leurs propres efforts.

Pour les recherches futures, il est important d’analyser, en détail, en quoi les familles qui ont "survécu" se distinguent de celles qui sont entièrement "burned-out" en raison du stress chronique.
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III - Problèmes de relation
Alors que les recherches relatives au stress se sont principalement concentrées sur les "mères", il vaut la peine de s’attarder un peu sur ce que l’on sait quant à la façon dont les "pères", réagissent à l’autisme. Ceci nous introduit également au sous-chapitre suivant, consacré aux conséquences de l’autisme sur divers types de relations au sein de la famille et en dehors de celle-ci.

1. Le rôle des pères et la relation du couple

Au cours de la période préscolaire, les pères qui ne se sont pas beaucoup occupés de leurs enfants, n’acceptent le diagnostic que très difficilement. Ils font accroître le stress chez leur épouse. En outre, ils aggravent sérieusement la situation s’ils insinuent que l’enfant ne fait pas de progrès parce qu’elle s’y prend mal. C’est surtout dans cette période que les mères ne trouvent plus le temps de s’occuper de leur vie de couple.

Entre la 6e et la 12e année, il devient difficile, même aux pères qui se sentent peu concernés, de nier encore longtemps le handicap de leur enfant. D’une manière générale, les pères semblent souffrir davantage que les mères des comportements bizarres de l’enfant, quand ils se trouvent à l’extérieur de la maison, et des stigmates sociaux de ce handicap.

D’autre part, les pères peuvent souvent considérer les problèmes quotidiens de leur enfant avec un peu plus de recul que leur épouse, et ils attachent plus d’importance à l’influence de l’enfant autistique sur la vie familiale. Les pères veillent souvent à ce que les autres enfants fassent également l’objet d’une attention suffisante et que tout ne soit pas sacrifié à l’enfant autistique.

La manière dont le mari réagit à l’autisme joue donc un rôle important et on peut distinguer quatre types de réactions à ce propos :

Tout d’abord, il y a des pères qui se détachent "émotionnellement" de l’enfant autistique et laissent entièrement à la mère le soin de s’en occuper. Même si l’enfant se développe bien au début, les mères risquent fort dans cette situation d’être écrasées sous le poids de la fatigue, une fois que l’enfant a atteint l’âge de l’adolescence.

Il se peut qu’aucun des deux parents ne puisse accepter le handicap de l’enfant. Dans ce cas, les enfants sont placés assez rapidement dans une institution (que l’on me comprenne bien : on n’impute ici, en aucune manière, que les enfants placés en institution sont rejetés par leurs parents. Pour beaucoup de parents, une telle décision est un événement dramatique dans leur vie. Une mère disait qu’elle en avait encore mal au coeur vingt ans après.

Il se peut que les parents fassent de l’enfant autistique le centre de leur vie et y subordonnent tous les autres besoins. Ces parents sont les principaux candidats à l’épuisement. Vers l’âge de l’adolescence, une telle attitude peut se payer cher ; leur relation conjugale en souffrira sérieusement, ainsi que leurs autres enfants.

L’adaptation la mieux réussie : les deux parents se soutiennent mutuellement; ils essaient de mener la vie la plus normale possible et restent conscients de leurs propres besoins. Ces parents-là peuvent faire face à l’autisme, à condition qu’il existe dans la société des structures et des services adaptés. Une telle forme d’adaptation de la vie familiale à l’autisme requiert, en effet, beaucoup d’aide et de soutien professionnel (notamment sous la forme d’une assistance à domicile) pour l’enfant et pour l’ensemble de la famille.

Le fait d’avoir un enfant autistique peut donc influencer la relation conjugale de différentes manières. Certains couples sont d’avis que cela renforce leur relation; pour d’autres, c’est une cause d’éloignement l’un de l’autre. Si les parents n’apprennent pas, dès le début, à se soutenir mutuellement, leur vie conjugale risque d’en être gravement secouée. Certains parents disent que seul le placement de leur enfant dans une institution a permis de sauver leur vie conjugale. Comme déjà mentionné, le rôle du père est crucial dans l’ensemble du processus.
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2. Les frères et soeurs

Bien sûr, les parents aiment que leurs autres enfants s’entendent bien. Il n’y a malheureusement eu que très peu de recherches scientifiques quant à la manière dont les frères et soeurs réagissent à l’autisme. Il est dès lors difficile de situer les rares données connues dans une perspective plus large.

On a déjà dit que les parents se plaignent du fait qu’il ne leur reste que peu de temps et d’énergie pour toute une série d’aspects de la vie ordinaire du ménage. Ils se font souvent des soucis parce que les autres enfants souffrent d’un manque d’attention. Il arrive que leurs enfants n’osent pas inviter de petits camarades à la maison, en raison des remarques dépourvues de tact qu’ils doivent souvent entendre au sujet de leur frère ou leur soeur autistique. Néanmoins, beaucoup de parents estiment également que leurs autres enfants sortent renforcés de cette expérience avec un frère handicapé et qu’ils développent, plus que la moyenne des jeunes, une compassion à l’égard des personnes moins favorisées et marginalisées. Souvent, les frères et soeurs disent eux-mêmes combien il est embêtant que leur frère autistique reçoive une attention aussi démesurée. Beaucoup, cependant, sont également fiers de pouvoir lui apprendre certaines choses. Les très jeunes enfants ne paraissent généralement pas très impressionnés par le comportement bizarre (battement des mains, par exemple) qu’ils ne considèrent pas tellement comme un handicap ("il est comme ça c’est tout").

Selon une étude de De Meyer, 54 % des parents estiment que l’influence de l’enfant autistique sur ses frères et soeurs est positive, 30 % la considèrent comme négative et les autres réponses se situent entre les deux. Il est fortement recommandé de faire participer les frères et soeurs au processus diagnostique et éducationnel. Dans un article qui vient de paraître, Robert Fromberg écrit que ses principales difficultés avaient résulté du fait qu’il n’avait jamais appris comment réagir vis-à-vis de son frère atteint d’autisme. Il décrit également qu’enfant, il a souffert énormément parce que sa mère ne pouvait assumer le handicap :" ... sa frustration et sa tristesse - pas intenses mais toujours présentes - ont fait en sorte que c’était une tâche bien difficile que d’être le frère de Steve". Il dit combien il est important que l’on informe les frères et soeurs du handicap, qu’on leur donne des conseils quant au comportement à adopter à l’égard du frère ou de la soeur autistique. "Dans notre famille - et dans beaucoup d’autres, je suppose - nous avions tendance à nous occuper en permanence des événements de tous les jours, sans voir, ou presque, la situation dans son ensemble... Pour ne citer qu’un exemple : cela m’aurait beaucoup aidé, à l’époque, si quelqu’un m’avait dit que Steve deviendrait moins hyperactif avec l’âge. Les tensions que je ressentais devenaient encore plus complexes parce qu’il y avait tant de choses dont on ne parlait pas. J’estime également que les parents doivent le plus rapidement possible faire des projets pour l’avenir de leur enfant autistique et après leur mort".
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3. Les autres membres de la famille et les connaissances  En dehors de la vie de couple et de la relation avec les frères et soeurs, il faut examiner les relations avec les autres membres de la famille, les voisins et les connaissances.

Les conflits avec les membres proches de la famille se situent surtout au cours des premières années de l’enfant et sont, une fois de plus, la conséquence de "l’ambiguïté" du handicap. Bien des grands-parents se trouvent confrontés à ce puzzle de l’apparence normale et du comportement bizarre et adressent aux parents les critiques les plus diverses concernant la discipline, la propreté, etc. Par contre, certaines familles reçoivent un appui important des grands-parents et d’autres membres de la famille.

Une étude signale que la moitié des familles font état de sérieux problèmes de relations avec les amis et les voisins. Les familles ayant un enfant autistique reçoivent beaucoup moins de visites et sont invitées moins fréquemment à cause de leur enfant. Les difficultés pour trouver des gardiennes adéquates ont déjà été évoquées.

Une autre difficulté est liée aux critiques (dans certains cas même au rejet) portant sur les méthodes d’éducation. Les parents s’entendent toujours expliquer comment ils doivent apprendre à leur enfant à parler et à jouer. Quand ils vont se promener avec leur enfant, ils sont souvent suivis des yeux. Les années de l’adolescence peuvent être plus problématiques. Par exemple, le comportement bizarre d’un garçon au corps adulte est plus difficilement accepté. On enregistre néanmoins souvent des réactions positives quant à l’aide et à la compréhension de la part des voisins et amis. ("Elle pleurait des nuits entières et je sais qu’ils l’entendaient, mais personne ne s’en est jamais plaint").
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Comment aider ces familles ?

Au terme de cet aperçu concernant les conséquences de l’autisme sur la vie familiale, se pose, bien sûr, la question : comment peut-on aider ces familles à mieux faire face au problème ? Et, dans le même ordre d’idées : comment certaines familles parviennent-elles mieux à surmonter le stress que d’autres ?
Si des familles sont moins vulnérables par rapport aux conséquences de l’autisme, ce phénomène est généralement lié à une combinaison des facteurs suivants :
Il y a d’abord le rôle joué par les caractéristiques de l’enfant lui-même, son niveau d’indépendance par exemple, ainsi que la fréquence et l’intensité des comportements autistiques, (sur une échelle d’évaluation de l’autisme telle que le CARS, le "score" "autisme léger" est également associé à des difficultés très importantes).
Deuxièmement, le stress est bien sûr en partie subjectif, certaines familles ont plus de possibilités financières, une meilleure santé, une plus grande "faculté d’encaisser". Si les parents comprennent bien le handicap, ils ont plus de chance d’aboutir à des solutions aux situations stressantes. Bien qu’il ne semble pas possible de mettre une famille à l’abri de tout stress, les réserves de la famille jouent un rôle important, et les adaptations les plus réussies se produisent dans les familles solides, au sein desquelles il y a une répartition des tâches, où l’on peut exprimer ouvertement ses sentiments et où l’on continue à participer activement aux activités en dehors de la maison. Voici quelques-unes des techniques naturellement utilisées par des parents pour garder la tête hors de l’eau : écrire sur ses expériences personnelles, adhérer à une association de parents ou à un autre groupement qui s’engage activement pour l’amélioration du sort des jeunes atteints d’autisme, chercher des formules pour ne pas centrer toute sa vie exclusivement sur l’enfant handicapé...
Troisièmement : l’interprétation du handicap. Une crise familiale est moins probable si on sait que les difficultés ne sont pas imputables à des échecs personnels mais qu’elles résultent de facteurs organiques (tout le monde peut avoir un enfant autistique. C’est comme une catastrophe naturelle!).
Quatrièmement - et ceci est évidemment très important - : les parents sont moins vulnérables s’ils savent qu’il existe des services d’assistance à domicile, des écoles et d’autres structures où l’on comprend réellement le handicap de l’autisme. À partir du moment où des structures sont créées, on suppose souvent que celles-ci aident les parents. Ce n’est pas toujours le cas. Dans la littérature spécialisée, il est précisé à plusieurs reprises que certains services constituent en fait une forme de stress supplémentaire pour les parents. Il en va de même pour un service d’assistance à domicile qui, s’il n’est pas spécialisé en autisme, peut constituer pour les parents une contrainte supplémentaire plutôt qu’une aide.
Il y a quelques années, on avait interrogé un groupe de mères flamandes et un groupe de mères anglaises ayant des enfants autistiques de moins de onze ans, pour connaître la qualité des structures sociales prévues pour leur enfant autistique. Les résultats de cette enquête ont été repris dans un "inventaire du sentiment d’isolement" : moins les mères sont satisfaites des structures, plus elles se sentent isolées, abandonnées.
On a également examiné les troubles psychosomatiques (repris dans un inventaire des malaises). Non seulement les résultats étaient, pour les deux inventaires, résolument favorables aux mères anglaises (leur "score" était nettement inférieur pour les deux inventaires), mais il y avait également une corrélation particulièrement significative d’un point de vue statistique entre les "scores" des deux listes. Le nombre élevé de troubles psychosomatiques (stress élevé) des mères flamandes d’enfants autistes, résultait du fait qu’elles n’étaient pas satisfaites des structures existantes ou inexistantes. Ce qui est également très significatif à cet égard, c’est que les parents sont d’avis que leur participation active dans les programmes destinés à leur enfant, contribue largement à réduire le stress. Il s’agit là d’un argument important pour faire des parents des cothérapeutes de leur enfant autistique, comme c’est le cas dans le modèle TEACCH.
Dans le cadre de ce même programme TEACCH, on a demandé aux parents quelles étaient, à leur avis, les stratégies les plus importantes pour pouvoir assumer la charge d’un enfant autistique. Les voici par ordre d’importance.
  • Savoir que mon enfant reçoit une aide adéquate dans les structures existantes (en l’occurrence les services TEACCH)
  • apprendre davantage comment aider mon enfant (participer activement aux programmes) croire en Dieu
  • pouvoir parler avec mon partenaire de mes sentiments et préoccupations personnels
  • travailler sur la relation avec mon partenaire
  • essayer de maintenir la stabilité de la famille
  • développer ma personnalité
  • me convaincre qu’il existe des choses gratifiantes pour moi
  • partager des activités avec mes enfants
  • croire que mon enfant fera des progrès
C’est peut-être logique, mais signalons-le à nouveau, de manière plus explicite : les parents estiment que les meilleurs moyens de prévenir l’épuisement est de pouvoir disposer de structures suffisamment spécialisées, au sein desquelles ils peuvent jouer un rôle actif.
Dans le cadre d’une autre enquête, on a demandé aux parents de jeunes enfants atteints d’autisme, quelles étaient les formes de services qu’ils considéraient comme indispensables. Ces besoins sont classés en fonction de la phase de vie dans laquelle se situe la famille. Il s’agit une fois de plus d’une enquête réalisée à l’étranger. Ce sont néanmoins des listes auxquelles on peut très bien se référer dans le cadre d’une association de parents. On constate en effet sans cesse que les comportements des jeunes atteints d’autisme sont les mêmes partout dans le monde, que les mères décrivent les comportements autistiques de la même façon et que les enfants autistiques donnent lieu à des types de stress spécifiques.


Source http://www.autisme.qc.ca/TED/famille-et-proche/impact-vie-familiale.html

mercredi 27 octobre 2010

PETIT PARTAGE D'UNE MAMAN COMME MOI...

Je vous partage ici un texte-témoignage d'une maman ayant un enfant autiste tout comme moi. Je me retrouve dans plusieurs points, on se retrouve tous à un niveau quelconque dans ce texte. Je partage...

Je suis une maman

Je suis une maman.
Je suis une maman de 29 ans.
Je suis une maman de trois jeunes enfants de 6 ans, 4 ans et 3 ans.
Je suis une maman comme les autres.

Je suis une maman comme les autres, et pourtant...

Je suis une maman comme les autres, et pourtant certains jours je sens le regard de tristesse provenant de proche, ou même d'étranger.
Je suis une maman comme les autres, et pourtant on me dit "courageuse".
Je suis une maman comme les autres, et pourtant parfois j'entends entre les lignes "pauvre elle".
Je suis une maman comme les autres, et pourtant on me dit qu'on ne changerait pas de place avec moi.

Je suis une maman comme les autres parfois courageuse, parfois triste, parfois joyeuse, parfois dépassée, parfois surchargée.

Je suis une maman comme les autres... avec des enfants pas comme les autres.
Je suis une maman comme les autres... qui ne vit pas comme les autres.

Je suis maman d'un enfant handicapé. Je suis maman d'un enfant autiste.

A.U.T.I.S.M.E
Un trouble faisait partie de ce qu'on appelle les Troubles Envahissants du Développement (TED) ou du Trouble du Spectre Autistique (TSA) si vous préférez la nouvelle appellation à la mode.

A.U.T.I.S.M.E
Un trouble neurologique affectant les sphères du développement d'un enfant qui avait tout pour être comme les autres.
Un trouble, non pas une maladie.
Un trouble NEUROLOGIQUE, non pas physique.
Un trouble INVISIBLE au premier coup d'oeil.

A.U.T.I.S.M.E
Un trouble affectant le comportement de l'enfant, laissant souvent croire à plusieurs étrangers que l'enfant est mal élevé. Un trouble affectant les parents, qui se font parfois juger rapidement sur leurs méthodes d'éducation.

Le TED, ou TSA, affecte selon différentes sources, environ 1 enfant sur 150. Dans ces enfants il y en a gravement atteints, certains plus légèrement.
LE TED affecte principalement les sphères sociales et celle de la communication chez l'enfant atteint. On peut voir un enfant qui parle, mais n'a aucune idée comment entretenir une conversation. Le langage étant seulement un outil nécessaire et non un mode de communication social agréable. On peut voir un enfant non-verbal qui semble complètement isolé du monde qui l'entoure. On peut voir un enfant intéressé par les gens, son entourage, mais ne sait pas comment s'y prendre naturellement.

Le TED peut aussi affecter à différents degrés la sphère des comportements : rigidités sévères à la routine, mouvements répétitifs inhabituels, manies, tics...

L'enfant autiste est affecté sévèrement dans les trois sphères.

Mon garçon est autiste sévère.
C'est un enfant souriant. C'est un enfant rieur. C'est un enfant heureux. C'est un enfant calme.

Parfois on sent le besoin de me dire que ce n'est pas si pire. L'autisme est mal connu. Pour la majorité des gens, l'enfant, pour être un "vrai" autiste, devrait être dans un coin, se balancer des heures, sans rire ni sourire. Si tel n'est pas le cas, il n'y rien là, ce n'est clairement pas grave.

Mon garçon est autiste sévère. Oui oui. Ce, même s'il sourit, même s'il rit aux éclats, et même si il me saute parfois au cou étant content de me voir.
Mon garçon a 4 ans. Il n'est pas propre, il ne parle toujours pas, il mange peu.

À 4 ans il a la compréhension qui ressemble à celle d'un enfant de 2 ans. Et encore...

Ses jeux préférés sont d'aligner divers objets, tourner en rond, suivre des chemins des yeux ou avec ses doigts.

Il ne se balance PAS dans un coin. Il n'a pas l'air déficient ou "débile".

Il ne parle pas, mais pourtant il connait tout ce qu'il y a a connaitre pour son âge. Ses chiffres et lettres en français et en anglais, écrire son nom, celui de ses soeurs et plusieurs autres mots, les animaux, les sons qu'ils font, les couleurs, formes, les objets qui l'entourent. Il sait que je suis maman, mais ne démontre pas qu'il comprend vraiment ce que ça représente à part le mot qu'il a appris par coeur.

Aujourd'hui il commence à communiquer par la parole avec certaines phrases apprises par coeur. Il connait donc les verbes jouer, manger, boire, enlever, ouvrir, fermer. Il peut adapter quelques phrases au besoin (je veux enlever bracelet, je veux enlever pantalon).

C'est un garçon qui apprend très vite, et qui oublie aussi rapidement. Il peut apprendre à demander de l'aide, avec un petit rappel visuel, et quelques mois plus tard on doit recommencer la travail à zéro.

C'est un petit garçon qui ne fait pas beaucoup de crises. Donnant encore plus raison aux étrangers de dire "qu'il n'y a rien là, qu'il n'est pas si pire". La crise n'étant pas un des principaux clichés de l'autisme? Pourtant, c'est un enfant qui ne peut quitter la salon pour faire une autre tâche si la télévision n'est pas éteinte. C'est un enfant qui pleure et va s'asseoir pensant être forcé aussitôt qu'on allume la télévision, quittant en larmes son activité du moment. C'est un enfant qui ne comprend pas qu'on veut simplement changer de place un morceau de son jeu, sans nécessairement lui demander de le ranger au complet. Il vit plusieurs peines d'incompréhension dans une journée.

C'est un garçon qu'on pourrait perdre, n'importe où. Qui disparait sans crier gare. C'est un enfant qui ne se retourne pas à son nom spontanément, que ce seul apprentissage demande beaucoup de temps et d'investissement.

C'est un garçon qui comprend maintenant la consigne "viens ici" depuis ses 4 ans. C'est un garçon qui a appris à manipuler un ustensile à 3 ans et demi.

C'est un garçon qui ne mange presque pas. Ses rigidités alimentaires pouvant passer pour du caprice aux yeux de certains.

Pour une maman d'un enfant autiste c'est un combat jour après jour. Un combat avec elle-même, apprendre à se faire confiance, passer par-dessus certaines de ses valeurs pour le bien-être de son enfant. C'est un combat avec la société. C'est devoir expliquer, justifier. C'est bouillir parfois intérieurement face à certains commentaires maladroits qu'elle entend, c'est devoir se taire devant ces commentaires, l'isolant parfois du monde qui l'entoure.

Pour une maman d'un enfant autiste c'est accepter les regards, tristesse, pitié, jugements... C'est faire une épicerie pour son enfant avec le panier d'épicerie rempli de craquelins, pâté à la viande, frites et croquettes, imaginant ce que les gens pensent de la pauvre mère qui nourrit mal son enfant.

C'est voir son enfant se coucher par terre au magasin, que ce soit pour regarder sous les comptoirs, les paniers, pour regarder les lignes dans la céramique. C'est voir les gens qui regardent parfois sans penser offrir de l'aide pour une maman qui essaie de se débrouiller, parfois les mains débordantes des achats du jour.

Pour une maman d'un enfant autiste c'est écouter une mère se plaindre que son enfant parle trop alors qu'elle attend avec impatience les premiers mots de son enfant. C'est entendre les débats sur la bonne alimentation, alors qu'elle voit son enfant ne plus manger. C'est voir un enfant dire à sa mère "Je t'aime" ne sachant pas si son enfant va un jour prononcer ces mêmes mots et comprendre leur signification.

La maman de l'enfant autiste doit découvrir les petits plaisirs de la vie qu'elle croyait au départ acquis. La maman de l'enfant doit apprendre à être heureuse du bonheur des autres, des progrès des autres enfants sans être malheureuse avec les retards du sien. Elle doit apprendre à ne pas en vouloir aux autres qui se plaignent des quelques nuits de sommeil difficile, alors que son enfant ne dort peut-être toujours pas des nuits complètes.

Elle ne doit pas sombrer dans la tristesse quand un parent se plaint de son enfant de 18 ans qui est encore à la maison, quand elle sait qu'elle devra peut-être placer le sien un jour lorsqu'elle ne sera plus dans la capacité de s'en occuper.

La maman de l'enfant autiste fait partie du monde, et pourtant se sent parfois si seule au monde. Elle voudrait parler et être réellement écouter. Elle doit pourtant régulièrement se taire, puisque confier ses peines semble parfois une menace pour les gens qui l'ont "plus facile". Elle voudrait confier ses joies, tous les progrès de son enfant, mais elle est parfois seule à les remarquer.

Mon garçon est autiste sévère. Il ne parle toujours pas comme un enfant de son âge. Il ne parlera probablement jamais comme vous et moi. Il ne comprend pas comme un enfant de son âge, et les consignes seront probablement toujours difficiles pour lui. Il tourne en rond, il aligne des objets, il joue à se boucher les oreilles sans arrêt, il fait des battements de bras et de jambes. C'est un enfant pas comme les autres.

Moi, je suis une maman comme les autres. Je ne fais ni pitié, je ne suis ni forte, ni courageuse. J'apprends malgré moi à vivre au jour le jour dans la différence, j'apprends à accepter l'incompréhension des autres, et même leur désir de ne pas comprendre, parce que pour eux ce n'est pas important.

J'apprends à faire attention à ce que je dis, pour ne pas blesser, pour ne pas donner l'impression que je me plains... et j'apprends à accepter que les gens ne sont pas tous prêts à faire de même avec moi. J'apprends à garder pour moi des difficultés avec mon enfant parce qu'elles sont instantanément banalisée par comparaison avec "pire", et j'apprends à écouter les confidences de ces mêmes gens qui eux ont besoin de confier les difficultés de leur enfant.

Annie Da Silva
Maman de trois mousses

Grande mystérieuse, 5 ans et demi.
Petit loup, 4 ans, Autiste
Minie terreure, 3 ans - TED-NS

jeudi 21 octobre 2010

CALOGERO: NATHAN



Merci à http://www.facebook.com/pages/La-bulle-a-Zak/178435037288?v=app_2373072738&ref=ts#!/pages/Les-mots-et-expressions-TED/148463258519137 qui nous a fait découvrir cette jolie musique...

UNE PREMIÈRE!

Demain sera une grande première. Non pas pour ma matraque, mais pour moi. Je quitte pour 3 jours à l'extérieur de la maison pour aller dormir 2 nuits à l'hôtel et m'adonner à un de mes trucs préférés, le scrapbooking. Je n'ai jamais encore quitté mes petits bébés en 4 ans de vie de maman....je vous laisse imaginer mon état d'esprit qui est mêlé d'excitation et de ''ça me tente plus finalement de partir''.

Deux nuits pour lesquelles je met beaucoup d'espoir de retrouver une tonne d'énergie pour les dormir sans me faire réveiller, sans avoir à préparer du lait, sans avoir à gérer des crises ou tout simplement à balancer et masser. Non pas que je n'aime pas ces petits moments ''privilégiés'' avec Zak, mais j'aime bien dormir moi aussi des nuits complètes, chose que je n'ai pas faite depuis avril 2007...

Je sais, je sais, vous vous dites qu'elle ne sera pas capable de décrocher complètement la madame. Bien vous avez raison! Si je vais parler de mes amours sans arrêts, ''scraper'' des photos d'eux, appeler à la maison et bien je n'y penserai pas du tout hihihi. Non on ne peut m'enlever mon côté maman poule qui aime trop ses enfants. Sauf que de changer la routine, penser à moi et surtout dormir, ça fait toute la différence même si ils occuperont toutes mes pensées...ou presque!

Dès se soir j'apprends à laisser l'homme se débrouiller avec les rejetons. Moyen de me déstresser du fait que j'ai terriblement peur qu'il ne se réveille pas au pleurs de Zak ou de mini doudounne....Il est autant capable que moi de faire face à cette réalité qui est la notre l'instant de 72 heures complets. Je le sentais inquiet plutôt, mais bon, il trouvera bien un moyen de ''dealer'' avec tout cela! Si je le fais, il est capable! L'amour d'un papa ça fait des merveilles!

Demain matin, on doit aller à l'hôpital en immunologie et hématologie. En espérant que le ciel nous tombe pas sur la tête une nouvelle fois, je pourrai profiter de ce moment planifié depuis plus de 6 mois à l'agenda de bibi. Alors je dis merci à mon homme qui a eut la générosité de ''gaspiller'' des journées de vacances pour moi et mon bien être. En plein milieu d'une semaine ou il travail de nuit, je sais que ça va chambouler son horloge humaine. Un gros merci et un gros je t'aime super papa ''extra-or-de-l'ordinaire.

Bonne fin de semaine à tous!

mardi 19 octobre 2010

LE CODE CHASTENAY (A VOIR OU REVOIR)

Selon la médecine moderne, l’autisme est un retard du développement intellectuel. Et si c’était plutôt une autre forme d’intelligence? Le Dr. Laurent Mottron, chercheur en neurosciences cognitives à l’Université de Montréal, et Isabelle Soulières, chercheuse à l’Hôpital Rivière-des-Prairies, sont arrivés à cette conclusion. Cette équipe apporte un éclairage nouveau et émet une hypothèse originale à l’effet que l’autisme est en fait une façon différente de percevoir et de comprendre le monde et qui pourrait être mieux exploitée.
Les deux chercheurs ont étudié les performances de patients autistes à un test d’intelligence.
Résultat : les autistes réussissaient souvent beaucoup mieux que la moyenne! Les zones du cerveau sollicitées lors de tâches intellectuelles ne sont pas les mêmes chez les autistes que chez le reste de la population, ce qui les amène à percevoir leur environnement différemment. Ainsi, plutôt que de souffrir d’une déficience, les autistes auraient plutôt des aptitudes insoupçonnées. En étudiant l’intelligence des autistes, le Dr. Mottron et son équipe espèrent comprendre comment aider ceux-ci à utiliser leur plein potentiel et adapter les méthodes d’enseignement à cette clientèle.

http://video.telequebec.tv/video/4141/l-autisme-revu-par-la-neuroscience

Une évaluation plus rapide pour les enfants autistes (LA SUITE SAMEDI CYBERPRESSE - VOIE DE L'EST)

http://www.cyberpresse.ca/la-voix-de-lest/actualites/201010/16/01-4333141-une-evaluation-plus-rapide-pour-les-enfants-autistes.php

LA QUESTION QUI TUE

Ce soir j'ai discuté avec un copine. Ma discussion m'a fait me questionner sur le présent et sur le futur. Nous avons discuté du fait que son coco lui avait demandé pourquoi lui il était différent du haut de ses 4 ans. Son coco est autiste comme Zak, mais il est beaucoup plus fonctionnel que ma matraque. Bref, ils ne sont pas du tout du même niveau et je suis très heureuse pour elle qu'il en soit ainsi. Je n'envie pas. Je suis sereine face à cette réalité qui fait qu'il y en des beaucoup plus forts que mon fils, mais aussi des ''pires''. On se console comme on peut n'est-ce pas?!

Mais cette conversation se soir, me ''garoche'' en plein visage que Zak est loin d'être toute là et conscient de son environnement et surtout conscient pleinement de lui-même. Parlant que très peu, je n'avais jamais pensé à ce fameux moment où fiston serait conscient de sa différence. À 3 ans et demi, avec une évolution d'environ 15 mois, selon les psychiatres, je l'imagine mal venir me retrouver tout bonnement et me dire: « maman, pourquoi moi je suis spécial et différent?».

Le fils de ma copine a fait cela. Dans un sens je me dis wow! il faut qu'il soit très brillant pour être capable de réaliser cela si jeune. Je la trouve chanceuse (ici, ne pas confondre avec envie...). Son fils étant capable d'avoir des relations et de belles interactions avec sa maman et son entourage. Puis dans un autre sens, je me dis ouf! je suis presque chanceuse que Zak soit rendu où il est, parce que je ne vois pas cette question arrivée de sitôt certes, mais surtout mon fils est encore à nombreux pas de souffrir de sa situation (si je peux m'exprimer ainsi...). Mais on répond quoi à cela? On réagit comment à cela? Parce qu'on s'entend que ça prend maman et papa au dépourvu ce genre de question provenant d'un enfant encore si ''pur et parfait'' de la vie.

On doit l'expliquer? Si oui on fait comment? On attend que l'enfant nous le demande et s'en rende compte? Puis on shématise cela comment pour qu'il comprenne? Bref, y a t'il seulement une bonne ou une mauvaise manière de le faire? Serait-ce un choix bien personnel à chaque parent du comment et du pourquoi il est différent et surtout de lui expliquer ou non avant que lui s'en rende compte?

Comment se sortir de cette question à 1 million de dollar, mais tout à fait légitime à se la poser?

En tout cas, ce soir, je n'avais jamais pensé à cette éventuelle question. Encore très loin pour moi, mais pour plusieurs qui nous  visite ici, elle n'est peut-être pas si loin que cela, ou peut-être est-elle déjà parvenu à vos oreilles...

Si vous avez des expériences à raconter, lâchez-vous lousse pour moi, pour mon amie, pour tous ces parents qui passeront par là...

mardi 12 octobre 2010

DES NOUVELLES


Ça doit faire 3 ou 4 fois que je recommence mon billet ce matin. Tantôt de manière joyeuse, tantôt de manière triste, tantôt tout simplement vide de sens ou tout simplement une page blanche avec un curseur clignotant. J'avoue que la page avec le curseur me tentait, mais c'est assez difficile de mettre cela comme page sur un blog.  Par contre, si je pouvais je le ferais. Le curseur représente très bien mon esprit ce matin: toujours en mouvement, toujours prêt à réagir et donner suite aux événements qui déboulent dans notre vie, comme une histoire mis sur papier.

J'ai débuté de manière joyeuse, mais je ne me sens pas sincère si je le fais ainsi tout comme je serais loin d'être honnête de dire que je ne suis QUE triste... Vide de sens, hum, ça quand on me connait, c'est presque plausible haha. Sérieusement, j'ai écrit très peu ces derniers temps. Je ne savais pas quoi écrire. Je n'avais pas le goût encore une fois de vous dire que ça n'allait pas, de me plaindre. Puis ce matin, en allant marcher dehors dans l'air frais matinal, j'ai eut le temps de prendre le temps de prier. De me recueillir et d'accepter d'être se que je suis dans les situations que l'on vit. En ce moment ce n'est pas jojo, donc je suis loin d'être jojo moi-même. Pourquoi je le cacherais finalement? Pour ne pas écœurer les gens? Pour ne pas me faire juger comme la maman full négative? Pis après? Je fais ce blog pour démontrer notre réalité. Pour montrer aux autres qu'ils ne sont pas seuls, alors pourquoi ne pas être franche? Si ça déplaît, on peut cliquer ailleurs n'est-ce pas? (Je me croirais presque en train d'écrire sur des statuts Facebook pour dire à ceux qui se plaignent des gens qui se plaignent ou qui sont tannés des statuts débiles qu'ils peuvent , par une des rares belles choses de Facebook, cliquer sur ''ne plus être ami''...)

Alors voilà! Non ca ne va pas du tout. Si vous vous souvenez de l'épisode de l'hiver dernier où Zak a fait de l'anorexie, a été super malade (gastro, rhumes, asthme etc), bien nous sommes replongés dedans depuis quelques semaines. Alors combiné aux troubles de comportements qui perdurent depuis mai et allant en augmentant, vous pouvez facilement vous dépeindre un tableau juste du quotidien que l'on vit. Si vous nous voyez, on sera tout aussi heureux et souriant qu'à l'accoutumée, mais dans notre coeur, nous vivons actuellement une souffrance qu'il m'est très difficile de décrire en mots, en écrits. Les apparences sont souvent trompeuses. Cette phrase s'applique très bien sur ce que vous voyez et ce qui en est réellement. 

Il me semble que tout déboule depuis mai dernier. Il y a eut le déménagement, la fin du centre de réadaptation, le commencement de la nouvelle année (nouveaux amis, nouveaux éducateurs), des troubles d'asthme récalcitrants, divers troubles de santé qui se sont ajoutés à la déjà longue liste, les handicaps qui s'intensifient malgré quelques petites victoires. Bref aucune pause, aucun temps pour savourer pleinement les belles choses. Alors on a tout expliqué le reste par tout ce qui a été énuméré plus haut.  Là il est temps de constater et de se rendre à l'évidence que tous ces changements ne peuvent tout expliquer!

Des pleurs, de la colère, des cris, de l'automutilation, des nuits à pleurer en dormant, des crises de paniques et d'angoisses qui ne sont plus contrôlées par la médication. Un manque total de compréhension et de coopération. Zak ne veut pas. Zak ne veut plus. On dirait qu'il se met à ''off'' pour nous faire comprendre qu'il veut la paix. Qu'il est bien dans son petit monde. Si seulement c'était que cela...Ah oui, il a perdu plusieurs service de réadaptation par épuisement professionnel de certains, de nouveaux défis pour d'autres.

J'ai un petit coco qui tente de communiquer de plus en plus par quelques mots. Il parvient à juxtaposer 2 mots si il y a quelque chose d'assez fort qu'il veut et qu'il ne peut obtenir seul. Mais j'ai aussi un petit coco de plus en plus mal avec lui-même, une petite matraque souffrant d'un mal de vivre de plus en plus grand. Un Zak ayant des journées où il  a tellement mal aux jambes qu'il refuse tout simplement de marcher ou de faire quoi que cela soit. Depuis 4 jours il refuse de manger.  Depuis 2 semaines, il faudrait presque être habillé de la tête au pied en armure pour éviter les impulsivités physiques: coups de pieds qu'il donne sans même se rendre compte, un coup de fourchette au visage sans qu'il réalise qu'il l'ait fait, du lançage de mille et un trucs etc...Même lui faudrait le mettre dans une bulle. Lorsqu'il se déconnecte il perd la carte et fini par se faire mal en tombant de tout son long dans les ''vaps''. Même que parfois on ne peut même pas le toucher comme si en le touchant il venait d'être en contact avec de l'acide et que ça venait de le brûler... Il veut dormir, mais son corps ne suit pas. Son cerveau n'arrive pas à se mettre à ''off''.  Alors il erre, il bouge et devient encore plus explosif parce qu'il a quand même conscience qu'il veut dormir mais en est incapable.

Puis là vient s'ajouter l'asthme mal contrôlé malgré le compresseur, les douleurs articulaires ou aux os (on ne sait pas il ne parle pas...sauf qu'il se tient les jambes et cris en pleurant: ''booobouuu mamannn''. Une fatigue tatouée en permanence dans son visage. Des absences qu'on n'arrive pas encore à expliquer, puis la cerise sur le sundae: des troubles sanguins qui vont nécessiter des rendez-vous en immunologie et hématologie dès la semaine prochaine (après différents examens effectués pendant les dernières semaines). Est-ce que ça peut le lâcher?

Je m'amuse souvent à dédramatiser la situation en disant que j'ai un ''package deal''. Ça fait sourire, mais là ce matin je me dis que ça peut faire là! J'ai le ''jack pot'' avec fiston pis je me dis que j'aurais peut-être préféré être moins riches finalement sur pleins d'autres aspects de ma vie et ainsi permettre à un petit bout d'homme plein d'innocence de justement la vivre cette enfance innocente.

Se ne sont pas les handicaps ou la maladie qui vient me chercher le plus dans tout cela. Non c'est de voir que mon fils souffre. Souffre en silence. Des coups, des tapes, des crises je peux en prendre. M'endetter, perdre nombre de relations, hypothéquer ma carrière, ma vie de d'épouse et de femme ça aussi je peux relativement bien le gérer. Mais savoir mon fils déconnecté de la réalité parfois de manière si intense, de le savoir mal dans son corps et dans son âme, ça non, je ne peux pas. C'est inhumain.

Y'a pas une aide ou un service public ou privé qui va m'enlever cette douleur. Tout le monde me dit de me reposer, de prendre du temps pour moi, de prier, etc. Je le fais. Vous n'avez qu'à venir chez moi voir le divan transformer en panier de linges propres, les sacs de magasinage pas encore défaits dans ma chambre, les papiers s'empiler sur les comptoirs, la piscine et le terrain même pas encore fermés et vous allez voir que j'ai changé radicalement ma manière de penser. Maintenant  quand vous mettez les pieds chez moi, il se peut très bien que tout ne soit pas à l'ordre ou qu'il y ait même des traces de pâte à dent sur le miroir de la salle de bain. Que nos souliers traînent dans le portique ou que tous nos manteaux soient bien confo sur la rampe d'escaliers. Pis après? Tant que c'est relativement propre et en ordre, les détails j'ai décroché! Alors oui je pense à moi, je prends du temps pour moi. Mais personne ne peut m'enlever la peine intérieure que je vis actuellement de ne plus avoir le contrôle sur la situation que vit fistounet d'amour. Que mon impuissance face à tout cela fait atrocement mal même si elle est normale.  Tsé quand plus rien ne fonctionne oui il est normal de se remettre en question. De presque vouloir appeler pour dire que tu es l'incompétence parentale en personne. Parce que voyons quelque part, il doit y avoir quelque chose que l'on fait pas pour qu'ici ça l'ait dégénéré de la sorte....

Puis il y a toutes les questions et interrogations des autres que je comprend pleinement: pourquoi il prend de la médication, est-ce vraiment nécessaire... As-tu essayé ceci ou cela. Ah ben MOI j'ai fait ça pis ça fonctionné. Ben voyons il est pas si pire que ça. Quand je le vois il est correcte. MOI j'ai le tour avec lui. Tous les commentaires, conseils, questionnements sont les bienvenus. Je crois par contre que le juste milieu est que j'aie moi aussi le droit de dire qu'aux dernières nouvelles Zak est mon fils et qu'en théorie je suis la mieux placée pour savoir ce qui est le mieux pour lui et surtout de savoir vraiment comment est la réalité avec ce dernier?!

Qu'arrivera t'il dans les prochains jours ou prochaines semaines? Je l'ignore. Je ne peux pas m'imaginer que ça peut être pire. Je ne peux qu'essayer de faire confiance en la vie et dire que ça rentrera dans l'ordre quand le moment sera venu. Non je ne ''péterai pas ma coche'', non j'ai pas envie de le placer même si dans certains moments de découragements et de crises intenses je me suis dis que ça serait oh combien plus ''facile''. Oui il va fort probablement aller en répit. Non pas pour m'en débarrasser, mais pour que tout le monde se ressource et puisse être toujours aussi prêt pour cette guerre y compris coco lui-même. Dans les prochaines semaines il est question de rencontres en clinique du sommeil à l'hôpital Rivières des Prairies. Il a même été question de l'hospitaliser en clinique de jour au même hôpital pour parvenir à le recentrer et trouver les bonnes solutions. Son pédopsychiatre a l'humilité de me dire que où c'est rendu il a ''atteint'' la limite de son champs d'expertise, qu'il commence lui-même à être dépassé par les événements. Lui-même dit que c'est peut-être la meilleure chose qu'il serait possible de faire pour Zak. Pour trouver les bons médicaments, les bons traitements pour lui et ainsi lui permettre davantage de rester un peu plus dans notre monde. Quand on m'a parlé de cela la semaine dernière ça m'a tellement fait mal, mais les jours ont passé et peut-être qu'en effet cela serait enfin la clef pour mettre cette période infernale sur pause. Bref, les prochains temps seront remplis de questionnements et de réflexions, de rendez-vous et de stimulations de toutes sortes, de joies et de colères, mais ils seront remplis d'amour pareil. Parce que si j'ai amèrement regretté beaucoup de choses dans les derniers temps, malgré qu'il ne faut pas vivre avec des regrets, je ne regrette aucunement mon fils et il pourra toujours compter sur sa maman!

Le calme après la tempête s'en vient pour, il ne peut être autrement...

samedi 9 octobre 2010

UN SILENCE MALGRÉ NOUS...

Je prends quelques minutes pour vous dire que nous ne sommes pas morts. J'ai eut plusieurs courriels me demandant pourquoi je n'écrivais plus depuis plus de 1 semaine. Tout cela est malgré moi. Disons qu'ici c'est la pagaille. Zak ne va pas du tout bien  au niveau comportemental et il est malade depuis quelques jours. La petite soeur Lyli a du faire un petit séjour à l'hôpital pour différents troubles de santé et là, je dois l'avouer, c'est au tour de maman d'être sur le dos. Alors comme je suis dans une période plutôt difficile avec fiston où la médication ne fait plus effet et où les microbes semblent vouloir nous attaquer et nous dévorer, je me fais un peu plus silencieuse. Je vous reviens bien vite...du moins je l'espère! Surtout ne nous oubliez pas parce que nous on ne vous oublie pas chers lecteurs!