Mon dernier message remonte au mois d'août. Plusieurs semaines se sont écoulées depuis. Des semaines remplies comme jamais. Nous avons beau côtoyer la mort presque tous les jours et se préparer à tout ce qui en découle, la vie continue malgré tout à faire son oeuvre. Du mieux que j'ai pu, j'ai accompagné ma maman dans ces derniers jours. Du mieux que j'ai pu, j'ai accompagné mes enfants dans des moments pas toujours heureux (vive les ruptures de fonctionnement!). Du mieux que j'ai pu j'ai accompagné tout ce beau monde dans des joies diverses.
Du mieux que j'ai pu...
Parce que lorsque nous perdons un être cher, nous ne savons pas toujours comment réagir. J'ai gardé pour moi tout au long de la dernière année qu'elle a passé à se battre contre la maladie, mes sentiments, mes émotions. J'ai servi de ''force et d'énergie positive'' pour certaines personnes qui ont fait en sorte que j'ai dut mettre de côté comment je me sentais. Perdre la personne qui vous a mis au monde, qui vous a tout donné, qui s'est sacrifiée pour vous, c'est une épreuve qu'on ne souhaite pas vivre, mais qui, malheureusement, est nécessaire.
Lorsque j'ai appris que nous entamions nos derniers miles mère-fille, je venais également de perdre un autre petit ange. Une seconde fois. Une fois de trop. Je n'ai pas eut le temps, là non plus, de vivre ma peine. Comment pleurer un être qu'on n'a pas connu au détriment d'une personne qui va mourir et qui est, de surcroît, notre mère. On priorise nos émotions comment dans ce temps là?!
Puis au travers de cette accompagnement qui a été parsemé malgré tout de multiples joies, la vie quotidienne devait se poursuivre. On a eut la rentrée scolaire des mousses. Pour la matraque un changement d'école pour entamer sa première année. Nouveaux enseignants, nouveaux éducateurs, nouveaux intervenants, nouveau de tout...Pour petite soeur une grosse étape; la rentrée à la maternelle. Je peux vous dire qu'elle est fière et tellement belle à voir aller!
Si pour mini Lyli, tout a relativement bien été hormis une anxiété incontrôlable qui a nécessité quelques interventions; du côté de la matraque c'est une quasi catastrophe qui nous a été servi sur un plateau d'argent. Devoir aller reconduire garçon, car il ne peut prendre la berline dans un état aussi explosif, des interventions douteuses à vérifier, des rencontres, etc, ont été son début d'année. Nous sommes rendu à la mi-novembre et ce n'est guère mieux. Est-ce qu'on s'attendait à autre chose pour mon fils? On avait espoir, après une rencontre avec la nouvelle directrice très convaincante, du contraire. Mais au fond, on le savait que trop!
Ceci dit, je reviens à mon idée de départ de ce billet disons un peu décousu...
La vie a dut poursuivre son chemin même si j'aurais aimé la mettre sur pause pour pouvoir être là pour ma mère, pour mon père, pour pleurer ce bébé perdu, pour pleurer ma mère qui nous a finalement quitté. Je réalise au travers tout cela que j'ai tout fait ce que j'ai pu, sauf vivre ma peine. Plus de un mois s'est écoulé depuis la fin de cette mauvaise aventure qu'est la mort et là, je m'autorise à laisser aller ces émotions trop lourdes. Ces émotions qui, au final, vous font tout remettre en perspective et en questions.
Ma vie est et sera toujours un peu compliquée. Je n'ai pas choisi que cela soit ainsi. Puis, malgré de gros efforts, je n'arrive pas à changer cela. Les handicaps c'est chiant pas rien qu'un peu. Quand en plus ça vient en double, bien c'est doublement chiant! Quand la mort te fait plusieurs coucous depuis deux ans, tu mérites une pause. Quand c'est une chose après l'autre, quand tout arrive, quand on perd littéralement le contrôle parce que la vie a décidé de te gâter plus que les autres. Bien vient ce jour...
Ce jour qui te met K.O. Ce jour, qui te rappel qu'avant tout, il faut exister pour soi. Sinon comment faire face à ces réalités? Vous savez ces réalités qui nous sont données parce que nous avons la force d'y faire face? (Je me passerai de commentaires sur ma dernière affirmation....)
Bref, les derniers mois n'ont pas été des plus faciles. Mon corps s'en ressent énormément. Mon corps me fait mal dans les moindres recoins. Des allergies alimentaires sont apparues à cause du stress (?!). Ça va trop vite dans ma tête depuis trop longtemps aussi. Ce qui m'amène à comprendre bien des choses du passé et du pourquoi je suis comme je suis. La pomme tombe jamais bien loin du pommier et ce pommier est fort probablement abonné à ces fameuses lettres de diagnostique pas mal trop populaire ces derniers temps. Je réalise que je suis fort probablement ce genre de mère. Vous savez la mère qui donne tout ce qu'elle peut, mais qui oublie de prendre soin d'elle. Maintenant mon corps en paye le prix. Comment cela aurait pu être autrement...
La vie si elle offre une multitude de belles choses, d'épreuves parfois lourdes, bien elle est en train de m'offrir un beau cadeau. Celui de prendre conscience que je dois prendre soin de la personne que je suis sinon je n'aurai pas la chance de me bercer sur mon balcon en regardant mes petits enfants ou peut-être plus ceux des autres (sans être négative). Je n'aurai pas la chance d'être là le plus longtemps possible pour mes petits amours qui grandissent trop vite. La vie a fait un hola à mon corps. Ma tête a enfin compris le message de soigner ce corps et ce coeur meurtris par les épreuves des 5 dernières années. Le premier pas que je fais ce soir, est d'accepter que petite soeur ne soit pas comme les autres elle aussi. Je l'ai en travers depuis trop longtemps et là, faut que je l'accepte une fois pour toute! Accepter qu'elle ait ses particularités et que je ne peux rien y faire. Que je n'en suis pas l'auteure de ces différences/handicaps. Ainsi est la vie!
Donc je tente de ramener mon blog à la vie avec ce bizarre de billet, mais j'avais besoin d'écrire ''tout croche''. Ma pause a assez duré, du moins je crois. J'ai besoin de réécrire. Je vais aussi y intégrer petite soeur un peu plus, car ses particularités ne sont pas si loin du monde de l'autisme. Elle est bien présente dans cette bulle qui entoure ma matraque. Je veux également y greffer des sujets connexes, des légèretés aussi. Je veux juste partager ce quotidien peu banal, mais à la fois si ''normal'' selon les perspectives de chacun.
Alors voilà, rebonjour pour la Xième fois!