Mon coeur de maman a de la peine. Il a de la peine malgré qu'il sait que ce que je fais chaque mardi est pour le bien de coco. Alors aujourd'hui comme à tous les mardi depuis 1 mois et demi je suis allée reconduire les enfants à la halte garderie de la maison de la famille du coin.
Si vous vous souvenez d'un billet passé, l'adaptation n'a pas du tout été facile pour Zak, mais depuis 3 semaine, j'ai pris mon courage à 2 mains et je le laisse là avec sa soeur et je quitte pour prendre un peu de temps pour moi. Du temps pour décrocher et penser à autre chose qu'à mes enfants. Ce n'est certes pas facile parce que pendant tout le temps qu'ils sont là bas je me demande comment ils vont, s'ils font des misères, s'ils pleurent etc.
Malgré moi, je me questionne à savoir si l'éducatrice ne met pas Zak dans un coin en le laissant à lui même, si les autres enfants ne le maltraiteraient pas, si Zak n'est pas après péter une coche solide d'être là dans un environnement bruyant et remplis d'enfant qui ne demandent qu'à vouloir jouer avec lui.
Aurais-je donc un jour l'esprit tranquille de le laisser là-bas où à tout autre endroit du même genre? Je dis que je prépare Zak à son entrée au centre de réadaptation en septembre, mais je devrais être honnête envers moi-même et me l'avouer: j'essaie de m'habituer à l'idée qu'il ne sera plus avec moi à temps plein, que je ne serai plus là pour le protéger en tout temps, qu'il sera 15 h semaines avec des intervenants à essayer de le faire sortir un tantinet de son monde.
J'essaie tant bien que mal de me préparer à cette séparation précoce que je n'aurais dut vivre que dans 3 ans, lors de son entrée à la maternelle.
Chaque fois que je vais le porter, que je le regarde réagir, je me dis pourquoi lui? Pourquoi le sort a tombé sur lui? C'est dur de voir les autres enfants êtres ''normaux'' et être à la limite heureux que leur maman les laisse là avec des enfants inconnus et que le tien, il ne cherche qu'un simple bout d'espace entre la porte et le cadrage pour y faufiler sa main et pouvoir s'enfuir ''ailleurs''.
Mais cela ne s'arrête pas là. Mon garçon ne se rend pas compte encore de sa différence. Il ne voit pas les regards interrogateurs des autres parents, des autres enfants, qui ne savent pas pourquoi Zak agit de tel ou tel manière. Sa maman, elle, le voit et c'est atrocement souffrant. C'est souffrant aussi d'entendre des commentaires supposément ''discrets'' sur votre enfant. Des commentaires qui laissent sous entendre qu'il est gâté, mal élevé, capricieux etc...On dirait que nous devenons avec une ouïe hyper sensible digne des supers héros et que nous sommes maintenant en mesure de tout entendre ce qui peut être dit sur votre enfant. Je pourrais même dire que nous devenons avec des yeux tout le tour de la tête. Nous sommes capable de sentir les regards même si nous sommes dos aux gens.
Il est difficile aussi de se faire dire des choses tel que: ben là laisse le faire, coupe le cordon, vas tu le calmer ou l'asseoir? On a beau se dire qu'on s'en fou. C'est pas vrai. Sera t'il un jour possible de passer par dessus ce genre de commentaires? Je ne sais pas. Plutôt, je ne crois pas. Vous savez, j'ai beau expliquer la problématique de mon garçon à ces individus, à part les mettre mal à l'aise, je ne réussis qu'à obtenir des regards encore plus bizarres par le fait de leur ignorance. J'en viens à réaliser au fil des jours, que l'ignorance des autres fait très mal et que malheureusement, pour la plus part, ils sont heureux de cette ignorance qui les habite. Ils ne cherchent même pas à comprendre que Zak s'il agit ainsi, s'il a des tics et des manies, s'il ne supporte pas qu'on le touche ou regarde, qu'il ne se mêle pas aux autres, qu'il est incapable de parler et j'en passe, que tout cela est hors de mon contrôle et encore moins du sien. Qu'il est handicapé. Qu'il est handicapé aujourd'hui, qu'il l'était hier et qu'il le sera demain et que tout cela même si nous étions les plus parfait parents de la terre, il en serait ainsi.
Alors aujourd'hui je réalise que je ne devrai pas seulement me battre pour assurer l'avenir de mon garçon; je devrai me battre pour faire accepter mon garçon dans cette société ignorante et jugeante qui laisse peu de place à la différence. Me battre pour qu'enfin on comprenne ce qu'est l'autisme et les troubles envahissants
Nous, ses parents, devenons soldat de l'autisme au nom de Zak surtout, mais également de tous les enfants qui chaque jour vivront avec cet handicap encore si peu connu et compris. Nous, ses parents, faisons serment de nous battre pour qu'ils aient un monde meilleur à leur portée. Zak nous serons toujours au garde à vous pour toi, notre si bel réussite. Jamais nous te laisserons tomber peu importe si nous perdons certaines batailles.
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