Depuis que mon fils est né, j'ai toujours eut un certain malaise à aller aux rencontres familiales ou sociales, dans les restaurants, au centre commercial, à l'épicerie pour ne nommer que ceux là. Je n'ai jamais eut honte de mon fils, au contraire. J'en suis si fière! Je ne me suis jamais empêchée de sortir...ou presque grâce à papa, qui, depuis le début me dit de ne pas m'attarder aux autres. Il a bien raison. J'envie sa facilité à passer par dessus les commentaires ou les regards accusateurs. Tranquillement, mais surement, il déteint sur moi. Au contraire de mon mari, qui vit sa petite vie et ne réalise peut-être même pas lui, parfois, ce qui l'entoure hihi, moi rien ne m'échappe. On dirait que mes yeux, mes oreilles sont partout en même temps. Normal direz-vous je suis maman. Oui peut-être. Par contre, je suis une fille qui n'a pas la langue dans sa poche et je réplique assez facilement si on attaque verbalement mon fils (ma fille ou toute personne qui m'est chère) ou nos compétences parentales.
Parfois je mords, et papa dirait que je mort fort en titi. Je suis comparable à un pitbull selon plusieurs. Généralement, par contre, je suis assez sympathique et ma forte sociabilité m'amène plutôt à jouer un rôle de Mère Thérésa de la sensibilisation et de l'enseignement. Je me rends compte avec le temps, que malgré que nous soyons presque en 2012, les gens sont peu informés (parfois parce qu'ils veulent rester non informés, car c’est plus facile de rester ignorants et j'en ai quelque fois parlé ici), ont un certain malaise, s'en foutent ou ne savent tout simplement pas comment gérer la différence. En observant et constatant ces trucs, j'ai comme pris sur mes épaules de changer ce que je peux changer de cela. Vous me direz que ça ne donnera rien, les gens n'en n'ont rien à cirer, etc. Peut-être, surement, je ne sais trop.
Je me dis que si je prends le temps d'expliquer de manière simple, précise, teintée d'humour et d'amour la problématique des troubles envahissants et de ses comorbidités, bien tranquillement le chemin va se faire. Si plusieurs parents se disent qu'ils n'ont pas à justifier les troubles de leur enfants (et j'adhère aussi à cette ''philosophie''), une autre moitié fait déjà comme moi. Parfois, je ne prend pas le temps de leur dire que fiston est autiste et non pas qu'il a une otite, que non ça ne se soigne pas avec des antibiotiques, que non il ne deviendra jamais normal, d'autres fois je saute sur l'ouverture de la personne devant moi qui veut comprendre et croyez moi y'en quand même beaucoup d'ouverture...
Puis, il y a des fois que je me contente de faire les gros yeux, un gros soupir, puis de dire à voix haute un commentaire tout aussi méchant. On est humain nous aussi et parfois on est bien tannés nous aussi! J'ai beau me dire que j'en ai suffisamment sur les bras avec la matraque que je n'ai pas à jouer un rôle de sensibilisation, mais c'est plus fort que moi! Nous sommes venus papa et moi à se dire que le peu que nous faisons en expliquant et sensibilisant à la cause ça ne peut que faire davantage connaître la problématique et offrir davantage de tolérance à l'égard de la différence invisible. Puis si on sensibilise qu'une personne bien c'est au moins une de plus ouverte à notre cause...
Cette semaine, on réalisait qu'au printemps nous allons encore plus nous faire pointer du doigt ou regarder avec l'arrivée de notre chien Mira. Un autre truc à expliquer: pourquoi nous avons un chien, il n'y a pas un membre aveugle dans notre famille, non vous ne pouvez pas y toucher,etc. Un autre truc pour lequel il faudra peut-être sortir aussi notre masque d'air bête...selon nos envies et humeurs. Mais, en même temps, nous nous sentons tellement reconnaissants envers cette fondation qu'il nous fera plaisir d'en parler, en respectant nos limites. C'est une autre porte pour sensibiliser à la cause des troubles envahissants tout en sensibilisant à la cause de Mira. Aussi surprenant que cela puisse paraître il y a encore beaucoup de personnes qui ne savent pas que Mira donne des chiens aux handicapés (même à Ste-Madeline ville de Mira et j'en suis encore sur les fesses pour ne pas dire sur le luc!).
Pour conclure ce long billet (hihi) on doit se demander qu'est-ce qui est important dans tout cela? Et bien l'important est de se respecter dans se que nous avons envie de faire avec cette ''problématique'' des regards et commentaires des autres. Que l'on choisisse de parler, de garder le silence ou encore de ruminer sur se que nous venons de subir en public ce n'est pas important. L'important est de se respecter, certes, mais d'apprendre aussi à vivre avec, d'être capable d'abstraction. D'être capable, comme mon mari, de se dire que les autres aussi ont l'air aussi dans le jus que nous, aussi fou ou niaiseux un jour ou l'autre. Bref, qu'ils ne sont pas mieux et ne feraient certainement pas mieux que nous!
Et si j'appréhende toujours les dites sorties familiales, sociales ou du train train quotidien, il y a des jours où l'on a de belles surprises qui nous donne un petit ''boost'' de bonheur, d'espoir et d'énergie, mais ça c'est une autre histoire!
À suivre....
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| Ceci étant juste pour parodier mon billet. Mère Thérésa étant une femme que je respecte au plus haut point! |

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