C'est ce que nous devons nous rappeler de faire jour après jour. S'adapter à des comportements qui ne concordent pas avec l'âge. S'adapter à un nouveau ''pattern'' de crises. S'adapter à s'adapter...
J'ai appris au cours des mois, à ne rien prendre pour acquis. À ne plus me dire après 1 semaine de belles nuits que ça y ait on a gagné la bataille. J'ai appris à prendre le moment qui passe et à rester réaliste que c'est souvent comme dans Cendrillon. ''POUF'' on recommence à zéro sauf que nous notre heure n'est pas minuit. Notre carrosse redevient souvent citrouille à toute heure du jour!
On s'adapte à tous ces changements du système public et privé, on s'adapte aux changements d'humeur, aux régressions, aux crises, aux rigidités, aux pleurs, aux rires inattendus comme aux caresses inattendues, etc. Ma vie, j'ai dut l'adapter elle aussi. Aux besoins de Zak: rester à la maison, suivre des formations, m'endetter pour lui fournir tout ce qu'il a besoin, m'adapter à ne dormir qu'à coup de 2 ou 3 heures, à faire une multitude de recettes sans allergènes, m'adapter aux commentaires, aux regards, à ceux qui savent et connaissent tout, m'adapter à un nouveau moi. Un nouveau moi qui est une humaine avant tout et qui a les marques de cette réalité sur mon visage (et mes fesses pfff! vive les kilos en trop grrrr!)
Là, en ce moment, depuis quelques jours, je m'adapte à un petit garçon anxieux et colérique (nous étions ce que j’appellerais en ''rémission'' de ce côté). Je m'adapte à un petit bonhomme qui grogne plutôt que de parler, qui n'arrive pas à dire ce qu'il veut. Mes oreilles s'ajuste à un vocabulaire ''d'autiste dyspraxique'' qui me semble beaucoup frappant ces derniers temps.
On doit aussi s'adapter à cette impuissance qui nous terrasse un peu trop souvent. Ce soir, j'ignore ce que je dois faire de plus après les routines stables, les pictogrammes, le langage signé, rester calme, lui donner ses médications, la stimulation, le dorloter, en prendre soin, sensibiliser, lui fournir tout ce dont il a besoin... J’ignore ce que je peux lui donner de plus pour qu'il ne ferme pas davantage de serrures à sa bulle. Lui qui était ''bien'' depuis quelques temps au niveau de la communication et de ses comportement a comme décidé de fermer boutique...
Il explose à rien, ne prend même pas la peine de parler ( sur ce qu'il sait dire), il pleure, ne veut que dormir. Il a des genre d'attaque de panique mais qui n'en sont pas...Il va s'agripper à moi et se cacher le visage pour ne voir personne. C'est pas mêlant parfois on a peur de respirer lorsqu'il est bien. On ne veut pas gâcher ses moments de bien être...
Quand on arrive à voir le bout, on a vite un ouragan qui nous bifurque de notre chemin.... Alors j'ai aussi appris à m'adapter à tout recommencer plusieurs fois sans me décourager.
S'ADAPTER...
Un mot à ajouter à la suite de RIGIDITÉS, MANIÉRISMES, STÉRÉOTYPIES, VICTOIRES, BONHEURS...