Ne non, ce n'est pas un spectre de l'au delà qui vous écrit depuis tout ce temps. Quoi que la semaine dernière je faisais plus penser à un corps mort que la maman active que je suis habituellement. Couchée, incapable de me lever, mes enfants ont démontré une grande compréhension et gentillesse à mon égard malgré que cela soit la semaine de relâche. De l’empathie ou simplement pas le choix, parce que les sons qui sortaient de ma bouche ressemblaient beaucoup plus à ceux d'un homme de Neandertal qu'une super maman pleine de super pouvoirs. L'homme de Neandertal qui a pris possession de mon corps a dut les terrifier peut-être, un peu, beaucoup trop!?! Mauvais timing pour ces satanées vertèbres et nerfs que de se coincer au beau milieu de la nuit du dimanche au lundi, jour 1 de la relâche, en ne faisant que remplir un biberon de lait. Oui oui, vous avez bien lu, un simple biberon m'a mis K.O! Assez humiliant merci! Bref, ça tombait à un bien mauvais moment, car cette semaine là devait faire place à aller glisser, patiner, cinéma, centre d'amusement, alouette!
Un biberon, qui m'a offert un fort sympathique coincement me laissant presque pour morte dans un amas de coussins et d'oreillers. Mais croyez moi, la douleur me rappelait vite que j'étais belle et bien vivante! Bien vivante, mais en respirant sur un automatisme. Un automatisme comme tout le monde direz vous. C'est ce que je croyais.
C'est ce que je croyais jusqu'à aujourd'hui. Jour pour lequel je crois m'être remise à respirer pour vrai. Voilà bientôt plus de 4 ans que je ne respire plus. Que je ne pense plus à respirer outre que pour survivre à mon moi-même, à ma réalité. Et la semaine dernière j'ai eut THE avertissement. Le petit signe qui te dit que si tu ne l'écoutes pas il va te faire péter au frette. Qui ça?! Moi?! Aille le grand (ou aille le biberon...) je peux tenir le fort bien plus longtemps que tu ne le crois. Puis oups, la moitié du visage qui t’engourdit te laissant comprendre que finalement IL allait t'avoir.
J'ai pensé mourir la semaine dernière. Le coeur me faisant des petits coucous en me rappelant que lui aussi il était là (j'ai une petite malformation sans gravité immédiate). Puis aujourd'hui j'ai pensé mourir de soulagement que de me retrouver entrain de respirer. Vous savez ces respirations qui vous rappellent à quel point vous êtes important. Important pour tout votre petit monde, mais important pour vous. J'ai eut la chance de me faire offrir une belle détente par ma précieuse Gougounne (vous comprendrez que ce n'est pas son vrai nom. Qui sait, un jour, peut-être, je vous expliquerai notre définition de "gougounne'', mais entendant je lui dis un gros merci). Une heure à flotter, bouchons dans les oreilles à juste être avec le silence, moi........et ma respiration. Cela faisait des lustres que je n'avais pas pris le temps de m'arrêter volontairement et juste écouter mon corps. C'est là que j'ai réalisé que je ne respirais plus depuis trop longtemps. Je retiens mon souffle et up! je respire à nouveau comme si de respirer tout pouvait s'écrouler. Je me retiens de respirer pour pouvoir intervenir, attendre les mauvaises nouvelles, pour survivre à mon destin. J'arrête de respirer au moindre son pour espérer qu'il ne se réveillera pas dans une crise convulsive , je ne respire plus en ouvrant des enveloppes, en allant chez les docteurs, en faisant et attendant à près un peu n'importe quoi. Je ne respire plus pour éviter de souffrir, pour continuer comme si de rien était. Tout cela étant le résultat de trop nombreux diagnostiques et d'épreuves en si peu de temps. Résultat aussi de trop nombreux moments magiques et uniques pour lesquels je retiens mon souffle de peur qu'ils ne reviennent jamais.
Depuis trop longtemps je n'ai plus de conversation avec mon moi-même, je ne m'écoute plus et la semaine dernière j'ai eut l'alarme. Mon souffle trop souvent arrêté m'a passé son message ( bon l'idée du biberon et du dos ce n'était pas la meilleure, mais des fois, il faut ce qu'il faut à ce qu'il paraît....). Respire si tu veux que ton coeur et ton cerveau (tant physique qu'émotif!) suivent ''la run''comme le dit si bien l'expression .
Aujourd'hui mon corps a recommencé à respirer. Je ne dis pas que c'est revenu un mécanisme normal comme ça l'a été il y a quelques années, je vais surement encore avoir besoin de petites ondes de choc pour me rappeler la chose, mais aujourd'hui respirer m'a fait du bien. Un besoin vital qui a besoin d'entraînement à certains moments de nos vies.
Et vous? Avez-vous respiré aujourd'hui?

Inspire, expire...
RépondreSupprimerPourtant simple, hein... et bien faut croire que non, parcequ'on est une méchante gang à en perdre le souffle... à force de trop le retenir souvent!
Très beau texte!
Merci!