Merci d'être généreux!

Merci d'être généreux!
Merci d'être généreux pour ces MIRA-cles (cliquer sur la photo)

mercredi 15 avril 2015

LA FAMILLE TORNADE

J'ai souvent un genre de malaise. Un malaise lorsque je suis en visite, en sortie, à une activité sportive ou encore à un rendez-vous. Un malaise lorsque je reçois à la maison, que l'on joue dehors. J'ai beau avoir le meilleur entourage au monde, j'ai cette petite pression sur mes épaules. Une certaine pression drainante d'énergie et causé par ce petit malaise. Avec les années et tous les handicaps et défis s'ajoutant à ma progéniture j'ai beaucoup cheminé et j'en suis parvenue à réussir, en partie, à ne pas me laisser déranger par les commentaires ou les regards sur les agissements de l'un ou de l'autre. Sauf qu'en ajoutant la peur de ne pas déranger, de la culpabilité et tous ces sentiments te faisant sentir ''pouish pouish'', ça devient un cercle vicieux. Un sentiment de malaise très vicieux et qui, je pense, n'a pas raison d'être. Mais....

Mais je n'arrive pas à m'enlever cette pression justificative de certains comportements ou agissements. De justifier d'une certaine manière que nous ne sommes pas défaillants dans notre rôle de parent. Cette tentative de se convaincre c'est, je crois, pour essayer de nous enlever cette culpabilité de faire des enfants ''hors normes'' (ou ''à la mode'' selon le point de vue...) ou de tenter de ne pas perdre le peu de gens faisant encore partis de notre cercle social. Quand tu connais tes enfants et leurs particularités TOI tu sais que parfois il y a le côté ''je suis un enfant  parfois trop gâté'' mais également le côté " je n'ai aucun contrôle sur ce que je dis ou fais''. Ce côté là, les gens ne le voient pas forcément comme nous. Manque d'intérêt, manque de connaissances, par peur de l'inconnue? Je l'ignore, mais c'est de là que je ressens cette pression, cette sensation d'étouffement qui fait que j'ai beaucoup moins l'envie d'aller en sortie ou visite. 

Ici, je ne parle pas d'utiliser les défis pour excuser des comportements dignes de l'enfant roi. Au contraire. Je veux juste tenter d'expliquer qu'une colère en guise de refus d’obtempérer à une consigne ce n'est pas aussi simple que de dire ''c'est un bébé, il te niaise''. Parfois oui, car on s'entend qu'au delà de ces envahissements, il y a un enfant! Puis qui dit enfant dit manipulations, crises de bacon, alouette!

Ce que je veux dire, c'est que la crise parce qu'il refuse de s'habiller n'a pas vraiment raison d'être. Je peux pas le nier. Sauf que, par exemple, un enfant avec un sévère trouble de langage, tant expressif que de compréhension, qui n'arrive pas à dire qu'il aurait juste envie de rester en pyjama ou qu'il ne se sent pas bien deviendra forcément frustré de se faire dire de s'habiller. Lui, il veut juste nous dire un truc qui n'arrive juste pas à sortir comme il se devrait. Les mots lui manquent. Ce n'est pas clair. Il n'a pas nécessairement compris toute la consigne ou question. Frustrant. Très frustrant et il a raison!

Je pourrais prendre comme exemple les repas. Oui il y a des caprices, des ''je m'essais à ce que l'on me serve autre chose'', mais il y a aussi que certains ont tellement de défenses sensorielles, de rigidités de couleurs et de textures que moi, je lâche prise. Non je ne force pas pour qu'ils mangent tout. Oui je vais parfois faire un autre repas, mais ma priorité c'est qu'ils mangent. Juste manger. Tout simplement. Je fais ce choix. Un choix éclairé et approuvé par les spécialistes. Parce que ce choix c'est le pied de nez à devenir réfractaire à tout et cesser de manger...Sauf que je vous donne raison, ce n'est pas normal!

Un autre exemple. J'ai deux tornades ici. En vulgarisant à la légère, je dirais que j'ai une tornade de grade F-2 qui a une belle intensité, mais n'est en soit rien de comparable à la F-5. Ce n'est pas nécessairement un manque de rigueur ou de discipline si on ne parvient pas à calmer toutes ces tempêtes. Oui, parfois, on achète la paix. Sauf que les miens je n'arrive pas souvent à les acheter et de surcroît acheter le calme. Ici le calme rime avec tempête et plus la journée avance, plus ça devient intense. Oui on met des limites, de la discipline ou appeler cela comme vous voulez, mais ça reste que c'est neurologique. J'aurais beau attacher ma force 5, ça n'y changera rien. Quand l'enfant en question te supplie de faire arrêter sa tête et son corps ça veut tout dire! Encore une fois, je sais que ce n'est pas normal qu'il n'y ait jamais de fin. Depuis quand une tornade ne laisse pas de dégâts et n'a pas de fin?! 

Alors voilà pourquoi mon malaise. Ce sont là que si peu d'exemples. Je sais qu'il y a le côté ''enfant normal'', mais il y a le côté handicaps et particularités. J'ai beau appliquer toutes les théories des livres, tous les principes parentaux gagnants, mettre en pratique les conseils de tous et chacun, avoir de la rigueur, ça ne fonctionne pas souvent. Donc, oui une consigne donnée va être bien écoutée, mais incomprise pour un et déjà oublié pour l'autre. L'un va se fâcher parce qu'il n'a pas accès à un lexique normal de vocabulaire, l'autre va rouspéter parce que oui c'est un enfant! Pendant que l'un fait tomber son assiette parce que trop gigoteux et qu'il s'enfarge dans ses propres pieds, l'autre se met à bourdonner et tourner sur lui-même comme une abeille. Bref, nous ne sommes pas le portrait typique familial. Les conventions ne fonctionnent pas souvent ici. Je suis donc très malaisée de tout cela. J'aimerais donc ramasser une assiette tombée sur le plancher juste par accident, avoir des repas dans le calme, être capable d'aller en sortie et que ça ne finisse pas en bataille parce que trop de monde, trop de bruits, être capable de donner une seule consigne et que up ça se fasse. Je suis quand même un parent normal! Si mes enfants sont avant tout des enfants, ils sont pleins de particularités également. Faire faux bon à un trouble d'opposition et d'impulsivité c'est digne d'un miracle, rétablir un équilibre sensoriel quand ce méchant sensoriel décide qu'il te croit dans un manège, trouver le mot juste pour faire comprendre à ce trouble de langage que tu es plus fort que lui c'est dur. Très dur. Ça prend énormément de place et ça tasse pas mal tout le côté ''enfant avant tout''. Toutes ces particularités je ne veux pas les utiliser en justifications ou comme une excuse facile. Parfois quand le vase est plein, oui on va tenter d'excuser. Parce que justement on peut et on a droit d'être dépassé. Dépassé par tous ces troubles neurologiques qu'on tente d’apaiser avec des thérapies d'ergothérapie, d'orthophonie, des médicaments, etc... J'ai beau savoir que je n'ai rien à justifier, mais on finit toujours par se dire ou se demander ce que l'on fait de pas correcte. Puis ce qui m'empêche de faire disparaître mon malaise c'est que forcément la nature humaine juge. Personne ne ferait comme tel parent ou tel grand-parent ou tel ami! On a tous mieux le tour que tous les autres. Moi, ça me tue. Je vois les invitations quasi nulles et je me dis que oui ça doit être quelque chose une famille tornade comme la notre! Mais vous savez quoi?! Je l'aime tellement ma famille tornade. C'est ma réalité tout simplement. 

Il faut tellement faire d'abstractions dans nos vies extra-or-de-l'ordinaires sauf que parfois, comme lorsque je reçois, je visite ou participe à une quelconque activité, quand je dois m'excuser à un parfait étranger qui frôle une de mes tornades pis que ma tornade se met à hurler, parce que ça vocalise dans la cours mais à l'extrême et que je ne peux physiologiquement et neurologiquement stopper tout cela, J'ai un malaise. J'ai un malaise parce que oui on dérange et quand on se fait déranger on le dit. Parfois s'en vraiment savoir ce qui en est. Alors, moi pour atténuer ce malaise vicieux, j'en parle, j'explique. Après cela, c'est du ressort des gens de comprendre ou pas...

Tranquillement je suis à mettre mon pied au popotin qu'est le sentiment et le mot malaise! Les tornades ont beaucoup de force comme ma famille d'amour, aussi particulière puisse t'elle être!







Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire