Lorsque j'ai eut mon fils, je savais qu'un bébé ne faisait pas ses nuits. J'ai eut ma fille onze mois plus tard et bébé garçon ne faisait toujours pas ses nuits. Je me suis retrouvée avec deux petits amours qui faisaient alterner maman et papa aux heures, presque toutes les nuits. Ça prenait la plus part du temps trois à quatre heures juste pour que la matraque s'endorme, avant de se réveiller une ou deux heures plus tard. Des réveils de deux, trois, quatre heures ou un réveil brutal nous indiquant que la journée était belle et bien débutée. De nombreux et longs réveils qui nous ont fait voir à peu près toutes les émissions des différents canaux bidons et douteux qu'on oserait jamais synthétiser en ayant tous nos esprits. Que dire des éternelles info pubs! Ici le ShamWOW! et le NoNo Hair Removal ont hanté nos nuits longtemps jusqu'à ce qu'Un Instant Gagnant éclipse toute cette pollution télévisuelle de vente! (Vous irez faire un tour sur YouTube...nostalgie quand tu nous tiens!)
Ces long réveils étaient entrecoupés de ceux de doudoune qui devait être allaitée. Un petit moment de répit entre les courses sans fin de ma matraque dans le corridor, de ses vocalises à n'en plus finir et des crises. Parfois de larmes, parfois de colère. Un tendre moment entre ma fille et moi, coupé de la tornade Matraque. J'étais loin de me douter que ces moments étaient en fait des moments de réconciliation avec la maternité. Aujourd'hui, je sais que rien de tout cela était dans les normes. Rien de ce qui se passait était écrit dans les nombreux livres sur la maternité et parentalité, donc sur quoi me fier? Inconsciemment ces petits moments avec ma fille à la nourrir et elle, n'avoir de yeux que pour moi étaient ma source d'énergie, nuit après nuit. Pour moi, à cette époque, je trouvais donc tout cela normal. C'était ça des bébés et des jeunes enfants. Surtout aussi rapprochés en âge.
Les mois ont passé et ça commencé à être plus intense parce qu'à un moment donné je n'avais pas un mais deux insomniaques! Ma doudounne a elle aussi eut un début de vie difficile. Les docteurs nous disaient que les enfants hospitalisés en jeune âge étaient plus insécures, plus anxieux; que des bébés/enfants à reflux ils étaient des ''chigneux'', des pas ''dormeux'', alouette! Il nous fallait être patients et que tout allait rentrer dans l'ordre, que ça nous semblait plus intense parce que nous en avions eut deux dans la même situation. Deux qui avaient eut des débuts de vie plus difficile...
Maintenant ils nous disent que ce sont leurs diagnostiques, leurs troubles neurologiques qui les rendent incapables de dormir normalement. Au fond, ils ne savaient pas, ils ne voulaient que nous rassurer et nous encourager et cela encore aujourd'hui....Il n'y a pas vraiment d'explications et de raisons concrètes et visibles. Il y a bien quelques tests cliniques possibles, mais en se faisant dire que ce ne sont pas des tests très concluants pour trouver une explication hormis l'apnée ou des spasmes? Alors même après 8 ans de ce régime c'est ainsi qu'ils sont, que leur système est. On doit apprendre à s'y faire. C'est comme cela!
À un moment donné on a choisi nos batailles. La matraque a élu domicile dans notre chambre. On a commencé à le coucher dans notre lit ou dans le divan (on avait même acheté un petit deux places qui rentrait bien dans notre chambre que pour lui et ses dodos. C'est un peu cela de l’exaspération!). Il dormait tellement mieux. Il se réveillait encore, malgré ses trois ans, aux heures. Comme un bébé, pour boire et lui changer sa couche ou pour lui faire des massages aux jambes pour calmer son syndrome de spasmes. Les nuits complètement éveillées ou les journées éveillées de plus de 24h étaient au nombre de deux par semaine, en moyenne. Ma doudounne débutait, tant qu'à elle, sa nuit dans notre lit et lorsque nous nous couchions elle était transférée dans son lit, dans sa chambre...toutes les lumières ouvertes.
C'était loin d'être parfait, mais on s'en sortait pas trop mal.
Papa a remarqué à cette période que la douleur habitant mon coco était à son maximum. Il avait de la misère à descendre de son lit lorsqu'il y jouait le jour. Il a donc démonté son lit. Lit en forme de voiture parce que son seul intérêt à cette époque était les petites voitures hotwheels. J'ignore ce qui s'est passé, mais une fois le matelas directement sur le plancher il a commencé à vouloir s'y coucher la nuit venue. Non il ne dormait pas plus, mais il était dans sa chambre! Une micro victoire pour des parents qui étaient plus qu'épuisés! Ne restait que ma doudounne à lui faire débuter sa nuit dans son lit. Devinez quoi! La phase d'imitation intense que chaque enfant a, vous savez celle qui mettent parfois nos nerfs à l'épreuve, et bien ici elle fut salvatrice! Elle venait de gagner son lit elle aussi dès l'heure du dodo. Par contre, on venait nous aussi de gagner notre chambre et comme nous sommes chanceux à la loterie, nous venions de gagner le gros lot d'avoir une doudounne à avoir des réveils de plus en plus nombreux et de plus en plus longs.
Nous avions beau mettre en place des horaires, des routines, faire de la discipline, disputer, cajoler ou faire n'importe quoi pour parvenir à ce qu'ils fassent leur nuit, nous n'y arrivions pas. Les années passent et ça change peu. On a enfanté deux petits insomniaques qui s'alternent les nuits et qui, parfois, nous gâtent en étant éveillés tous les deux en même temps. Ma belle matraque d'amour du haut de ses presque 8 ans dort un peu mieux, surtout depuis l'arrivée de son MIRAcle et le fait que nous ayons un certain contrôle sur ses spasmes grâce à un neuroleptique. Les longs réveils nocturnes se font plus rares, mais ils ont fait place à des réveils d'artiste. Il aime défaire sa couche et enlever son contenu. Il panique, car il est sale et voit qu'il en a mis partout. Certains diront qu'avec eux la matraque comprendrait qu'on fait pas ça, il lui ferait ramasser et nettoyer. Je vous confirme que ça ne fonctionne pas. On a jamais eut notre manuel de parents, mais on a tout essayé, même le ducktape sur la couche! Le temps fera son oeuvre, du moins, je l'espère! Parfois je me sens en présence d'un grand bébé de 8 ans pour ce qui a trait aux nuits, mais un bon bébé. Vous savez celui qui commence à faire ses nuits de temps à autres? Nous savons maintenant qu'une partie de ses réveils sont une cause médicale, mais le reste, quand tout l'autre volet est bien soigné??? C'est le côté obscur de la problématique...
Si la matraque est en ''pseudo'' accalmie côté dodo, ma doudounne a bien repris la suite des choses. La suite de son frère plus jeune et non de dormir mieux! Depuis qu'elle va à l'école, les nuits sont devenues une catastrophe. Encore cette nuit, pour la quatrième fois en dix jours, elle a pris deux heures pour trouver le sommeil. Endormie à plus de 22h, elle est venue me faire un coucou à minuit. Est-ce que j'ai tout essayé avec elle? Oh oui! Mais en plus de ses troubles elle fait des petits épisodes d'apnée lorsqu'elle dort.... Ça commence à être complexe et faire des miracles pour trouver THE solution ne tiens plus seulement de nous ou de elle. J'ai la foi donc je mise plutôt qu'après son opération tout va rentrer dans l'ordre. L'ORL m'a partagé son enthousiasme du succès d'une telle intervention et surtout la nécessité de le faire pour son développement. Qui dit beaux dodos, dit bon développement physique et intellectuel. C'est qu'elle a pris un peu de retard en croissance et développement qui serait explicable par ses petits épisodes d'apnée. Je ne me sens aucunement défaillante envers les nuits de mes enfants. J'ai mis tellement de choses en place, j'ai essayé tellement de trucs, de potions magiques bio-nature-charlatanisme, les faire bouger le plus possible, enlever toutes sources de distractions, les coucher ensemble, ajouter le chien dans le tas, fermer les portes, les bercer, du lait, de l'eau, me fâcher, que papa s'y prenne à sa façon, la clinique du sommeil, alouette. La partie physique du problème est réglée pour un et le sera sous peu pour l'autre. Le reste et bien c'est la fameuse médication.
La médication...
La médication et ses petites pilules et ses doses de culpabilité qui viennent avec. Nous sommes de ceux là. Ceux qui bourrent leurs enfants de médicaments genre Ritalin, antipsychotiques, etc... Nous avons voulu tout arrêter pour voir comment ils seraient. Insomniaques à temps partiel, ils sont devenus des ''wokaolics'' du réveil, nous faisant faire du sur temps à un prix chèrement payé pour notre vie de couple, notre santé et notre stabilité. Alors nos petites doses de culpabilité on les donne tous les jours, tous les soirs. La différence est que nous trouvons leurs nuits presque parfaites à comparer sans la médication. Comment font-ils pour tenir la route ainsi? Je ne sais pas. Papa et moi on la tien à cause de leur amour, de tous ces petits moments de bonheur et les périodes d'accalmies nocturnes qui surviennent de temps à autres. En grande partie à cause de la médication. Parfois on a juste pas le choix de s'y plier, de faire avec toute cette merde chimique qui ont fait de nous des pseudo pharmaciens avec tous ces ''dispills'' à distribuer plusieurs fois par jour...
Ce fut un long billet je l'avoue, mais je voulais vous raconter notre réalité nocturne depuis 8 ans pour mon fils et 7 ans pour ma fille. Notre version parentale du ''nightlife'' lorsque tu as un, deux, trois ou même plus d'enfants à défis, à besoins particuliers. Nous sommes plusieurs dans le même bateau, utilisant à l'occasion et si disponible les canots de sauvetage par du répit quelconque. Non vous n'êtes pas seul à avoir pour ami votre téléviseur, votre Ipad et les réseaux sociaux. Non vous n'êtes pas seul à fixer cette nuit qui semble sans fin. En tous les cas, moi, cette nuit, je n'étais pas seule. Juste un petit statut sur Facebook et quelques réponses du genre: ''au poste moi aussi'', ''debout ici aussi'', m'ont fait du bien. Nous ne sommes pas la seule famille d'hurluberlus insomniaques! Vous êtes là, nous sommes là et on a même parmi nous eut de très grands insomniaques tels que Napoléon, Benjamin Franklin, Shakespeare, Proust, Abraham Lincoln, Roosevelt...
Il faut continuer à se rattacher qu'il y a des petites accalmies dans tout cela. J'ai réalisé que j'étais chanceuse de voir autant de si beaux levés de soleil, d'entendre de magnifiques chants d'oiseaux entre chien et loup, de recevoir de belles confidences de ma doudounne, un sourire de ma matraque lorsque je lui chante encore sa berceuse favorite. Les étoiles de bonheur et d'espoir ne sont pas que dans le ciel souvent trop noir et pleins de nuages, elles sont souvent bien près de nous!
Je vous souhaite un beau weekend Pascal en vous disant qu'il paraîtrait qu'Albert Einstein, en plus d'être autiste, était un grand insomniaque. Il aurait un jour dit: '' Je ne dort pas beaucoup, mais je dors vite.''

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