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mardi 19 mars 2013

L'AMI À COQUILLES OU LE GARÇON GRENOUILLE....

Il y a quelques temps nous avions découvert une partie de l'explication du pourquoi fiston n'aimait pas être dans la berline. Un autre enfant avait un jeu bruyant qui agressait beaucoup Zak. Pas le seul je dois dire. Son ami X non plus n'aimait pas cela. Ce dernier a donc terminé avec des coquilles anti-bruit pour avoir la sainte paix! Mon coco a accepté une fois d'apporter ses coquilles avec lui. Ça l'a rendu trop anxieux. La peur de les perdre et surtout qu'il disait que les coquilles c'étaient pour son ami pour qu'il chante. Je dois dire que cette dernière affirmation je comprenais pas trop au début...

Finalement la meilleure stratégie a été de demander au parent de l'enfant au jeu bruyant de lui faire apporter un autre jeu. Pas de son s'il vous plaît. Depuis, les retours à la maison sont beaucoup moins explosifs. Zak n'arrive pas de l'école en allant directement chercher ses coquilles pour se les mettre sur la tête pour gagner le silence qu'il n'a pas eut dans le trajet. 

Par contre, il y a 2 semaines, Zak a mangé un coup au visage de la part d'un autre enfant toujours dans la même berline. Un petit tour à l'école s'est imposé, car ce n'était pas la première fois. Après quelques observations et discussions, nous en sommes venus à conclure que nous ne serions pas dans un état plus calme et serein si tout le long du trajet un individu se couchait sur nous, nous ''kickait'' la botte, nous criait dans les oreilles et finirait en mettant toujours une main dans notre visage. On a donc décidé de changer la matraque tout simplement de place et de l'installer à côté de son ami X, son ami à coquilles. 

Cet ami à coquilles, mon fils le nomme le garçon grenouille. De sa petite voix toute douce, mon fils se laisse porter par une petite chanson qu'il chante. Parfois l'ami X me dit qu'il a chanté pour Zak. Que Zak il parle pas mais qu'il aime ça l'entendre chanter. Il me fait fondre à chaque fois. Ce même ami quand je sors coco de la berline me  chante la dite chanson. Moi, pour lui faire plaisir je lui demande de me la chanter les soirs qu'il prend congé. Il est tout content et moi je me rappelle qu'il faut pas que je fasse cela, car croyez-moi, elle reste dans la tête! Comme lui aussi a certaines rigidités comme mon fiston, c'est comme maintenant une routine ''obligatoire''. Alors pas moyen d'oublier les paroles et depuis quelques jours, mon fils la fredonne aussi....maman aussi....petite soeur aussi. Manque papa et je vous le dis, ça ne sera pas long qu'il en sera contaminé. 

Ces deux enfants extra-or-de-l'ordinaire se complètent bien. Ayant chacun leurs forces et faiblesses ils se côtoient quotidiennement depuis presque 2 ans. Ensemble ils ont fait beaucoup de chemin. Ensemble, ils sont bien. Ils ont une forme de respect plutôt surprenante. Une chose est sur, moi je vois que le garçon grenouille  calme énormément mon fils. Il ne le sait fort probablement pas que chaque jour il fait une grosse différence dans sa vie. Enfin Zak peut se sentir en sécurité, pas ''écoeuré'' par Pierre Jean Jacques. 

Je constate que de mettre 5 enfants autistes de différents niveaux dans une même berline, c'est comme créer un environnement inégal et involontaire. Elle est à quel endroit la limite de ce que l'on peut accepter d'un et ne pas accepter d'un autre enfant. Un enfant qui vocalise n'a comme pas aucun contrôle sur cela et celui pour qui ça agresse au point de se désorganiser une fois à la maison non plus. L'enfant qui frappe par manque de compréhension on le tolère ou bien il faut faire quelque chose pour celui qui a mangé le coup? Ce que je crois, c'est qu'on n'a pas à prioriser un ou l'autre, mais on doit leur apprendre à se tenir adéquatement en se respectant. Utiliser son gros bon sens c'est logique, mais avec des enfants particuliers ce n'est pas toujours aussi simple. Faut tracer une limite acceptable. Ici c'était la sécurité de mon fils qui était mise en jeu. La maman de l'enfant au jeu bruyant s'est plainte de cette injustice, mais en même temps, si le coco est en mesure d'apporter autre chose pour le confort et le bien être des autres est-ce son enfant qu'on doit prioriser? Au même titre est-ce l'enfant qui frappe qui doit changer de place ou de transport ou l'enfant frappé?

En tout les cas, ici on a trouvé une bonne partie des problématiques du transport. On a tenté de trouver des solutions harmonieuses pour tous les enfants à bord. La solution d’asseoir le garçon grenouille à côté de la matraque s'est avérée presque miraculeuse. Ces deux là se comprennent. Ce soir, comme depuis quelques soirs, le garçon grenouille me dit que Zak ne lui a pas dit bye, mais que moi je lui dit toujours allo et bye. Ce soir, pour la première fois, mon fils a regardé son AMI de la porte de la maison en lui faisant un merveilleux sourire et un discret au revoir de la main. J'ai regardé l'ami pour qui Zak a fait un beau cadeau en lui répondant pour la première fois. Le sourire sur cet enfant d'avoir eut enfin une réponse n'a pas de prix! J'étais tout aussi contente que mon fils lui est répondu comme tout aussi contente que ces deux enfants ''communiquent'' à leur manière ensemble. Et je vais vous dire une dernière chose: mon fils est le plus chanceux d'avoir un ami grenouille pour ami, mais lui ne sait pas la bien qu'il apporte indirectement à ma matraque. 

Quand la différence se rejoint, ça peut être quelque chose de merveilleux à voir et vivre!

Merci l'ami à coquilles, de me faire sortir de ma zone de confort, de celle à Zak.

Merci le garçon grenouille d'être extra-or-de-l'ordinaire, car tu ne serais peut-être pas dans la vie de mon fiston. (je sais qu'on ne souhaite pas à nos enfants d'être différents, mais la maman grenouille saura le pourquoi de ce merci...)

Merci W. d'avoir ''sauvé'' les derniers milles de la maternel de la matraque.

Ta maman a de quoi être fière de ta grande âme super coco!

Merci xxxx



















vendredi 15 mars 2013

ZAK se RACONTE (#1)

Je suis Zak. J'ai encore 5 ans. Bientôt j'en aurai 6. J'ai hâte à mon anniversaire pour les surprises, mais je n'ai pas hâte du tout d'y manger. Voici pourquoi...

Chaque matin depuis septembre je me lève pour aller à l'école.

Chaque matin depuis septembre, je mange ma barre tendre. Toujours la même: aux pépites de chocolat. Ma maman et mon papa prennent bien soin de choisir une barre tendre que je peux. Comme ça j'ai pas bobo. Je ne suis pas malade.

Chaque matin depuis septembre si je n'ai pas exactement mes 5 oursons graham je ne suis pas content et je refuse de manger ma barre tendre. Pour moi, l'un ne va pas sans l'autre. C'est comme ça.

Chaque matin depuis septembre, après que maman ou papa m'ait habillé; je mange une demi tranche de pain avec du chocolat. Maman a trouvé comment faire du Nutella que je peux manger. Sans bobo. Maman  essaie pleins de recettes, mais c'est plutôt rare que je vais goûter et surtout en manger parce que j'aime ça! Habituellement je lui fais savoir assez vite que je n'en veux pas, mais ce qu'elle a une tête de cochon! Elle n'abandonne pas facilement cette maman et je dois dire que ça me fâche souvent. J'aimerais pouvoir lui dire que je sais qu'elle le fait pour moi, mais moi, je veux pas autre chose.

Chaque matin depuis septembre, je mange dans l'ordre une bouchée de ma barre tendre, un ourson. Une bouchée de ma barre tendre, un ourson....Cinq fois. Ce cinq fois n'a pas le droit d'être quatre ou six. Cinq c'est cinq, sinon je ne mange pas.

Le midi, je mange la plus part du temps un hot-dog. Il est froid. J'aime trop cela. Maman se sent coupable, très coupable de me donner cela pour diner. Elle me met donc pleins de choses dans ma boîte à lunch, mais elles reviennent plus souvent qu'à leur tour.  J'aimerais ça lui dire que moi, c'est cela que je veux à tous les midis. Mes parents doivent quand même me mettre d'autres repas. Je dois me faire à l'idée. Tant pis, je ne mange pas.  Des fois, je m'aventure. Dans mes bonnes journées....

J'ai toujours une dizaine de petits oursons. Il parait que ça me motive à manger. Non, je veux juste qu'on me foutre la paix. Je veux pas manger et il y a  toujours quelqu'un pour me dire de prendre ma cuillère, de prendre ma bouchée, de rester assis ou autre si je veux un ourson. Dans ce cas, j'exige un morceau de chocolat! Si on veut me forcer est-ce que je peux au moins avoir le renfo de mon choix?

Puis revient comme toujours le souper. Là aussi je suis très ''diversifié''. Un hot-dog s'il vous plaît. Encore que maman me dira. Papa enchaînera en me disant que Zak tu ne peux pas manger que des hot-dog, barre tendre, ourson et crème glacé, blablabla. Papa, maman, quand vous parlez trop, je ne vous comprends pas. J'ai beaucoup trop de mots à comprendre. Quand j'arrive au dernier, je ne me souviens déjà plus du début. Calmez vous et apportez moi mon hot-dog!

Zut, ce soir c'est du jambon. D'accord je prendrai quelques bouchées. Vous voulez que je mange mes patates aussi ? Elles ne sont pas frites. Alors mes patates, la poubelle les mangera (non maman je ne parle pas de papa).

Ah qu'ils sont durs mes parents à raisonner. Ils ne comprennent pas vite. Non je n'ai aucune carence alimentaire avec juste cette malbouffe dans mon ventre. Je sais, vous trouvez cela plus que difficile de me voir manger ces aliments. Mais moi, toutes ces couleurs dans vos assiettes, ces odeurs, je n'en peux plus. Alors pensez vous que je mettrai cela dans ma bouche?

Je ne veux pas manger. Je ne suis pas capable d'essayer des nouvelles choses. Ma zone de confort ce sont une barre tendre, mes oursons, ma demi tranche de pain au chocolat, mon hot-dog, mes frites. D’accord, je vais faire un compromis. Donnez-moi une petite boule de crème glacée et je mangerai quelques bouchées de riz et de poulet.

Non demain, ne me demande pas maman si je veux des céréales. Je sais tu t'essayes, mais rend toi à l'évidence, je n'en veux pas. Bon d'accord, continue et peut-être que oui un jour je me laisserai tenter par autre chose. En attendant, va falloir que vous vous armiez de patience. Manger me demande beaucoup d'énergie: tenir ma cuillère, penser de prendre ma cuillère, goûter, mastiquer, avaler, gérer les bruits qui m'entourent, le bruit de ma propre mastication, les odeurs, les lumières, vos discussions.......

Pour vous, manger est si simple. Pour moi, c'est une vrai torture. Pour moi, c'est un job temps plein....en plus de tout le reste. Puis trop souvent je m’éreinte au travail: je vomis ma journée rendu au soir. Je suis un petit garçon qui ne peut faire autrement et qui sait que ses parents font tout ce qui est possible pour que je mange sainement. Je ne veux pas, car je ne peux pas! Si je pouvais que boire mon lait spécial ou mon Boost, je serais si comblé. J'ai essayé, mais mes parents n'ont pas voulu. J'ai trouvé cela plus que difficile de passer d'un 50 onces de liquide à 20 onces. C'est qui le comique qui a mis ce seuil? Quoi?! mes parents voulaient tout me couper mes boires pour que je mange plus? Une chance qu'ils ont eut des séances en ergothérapie alimentaire. Ils ont enfin compris que ce n'était pas la solution. Moi je suis heureux de mon 20 onces et eux ils se sentent confiants que je ne tomberai pas par manque de vitamines et nutriments. Je dois avouer que c'est un bon compromis.

Je suis Zak. J'ai 5 ans. Je me bat chaque jour pour devenir un grand garçon. Ce ne sont pas des caprices de ma part ou de la lâcheté de la part de mes parents si mon alimentation semble si pauvre nutritionnellement parlant.

Je suis Zak, je suis autiste avec plusieurs handicaps et troubles. Les troubles sensoriels reliés à l'alimentation sont une de mes batailles. Manger me rend malheureux.  Ces troubles sensoriels alimentaires me torturent. Quand j'ajoute à cela mes rigidités (couleur de mon assiette, de ma cuillère, la chaise, l'intensité de la lumière, mon incapacité à rester assis tout un repas et autres) manger devient presque un exploit!

Je suis Zak et ma soeur a ce même trouble sensoriel que moi. Je dois donc vous avouer que mes parents doivent être plus que patients.  Parfois je les entends soupirer de découragement, mais ça ne dur jamais bien longtemps. Maman et papa recommencent et recommencent leurs essais culinaires pour tenter de trouver un miracle gustatif ou une technique qui occasionnera un déclic chez nous. Moi je suis sur qu'ils réussiront, car on travail fort en titi nous!

Je suis Zak et un jour je serai heureux de partager avec vous un riz aux légumes, des crevettes, un rosbif ou autre!

Je suis Zak et en attendant, moi, mon bonheur  lorsque je mange ce sont ma barre tendre, mes oursons, mon demi-pain, mon hot-dog et mes patates frites au four!

Et mon corps dans tout cela? Il s'en porte bien. Il va bien comme tous mes petits amis qui ont ce genre de trouble. Pour moi, on a un peu de magie dans notre système digestif! (mes parents, eux, envient le fait que je reste si mince hihi)

jeudi 14 mars 2013

V Télé MIRA

Une entrevue avec monsieur Éric St-Pierre à ''Ça commence bien''. (disponible jusqu'au 30 mars 2013)

http://vtele.ca/videos/ca-commence-bien/mercredi-6-mars-2013-entrevue-eric-st-pierre-pdg-et-fondateur-de-mira_58156_58173.php






tva.canoe.ca - Salut, Bonjour! - La fondation Mira

Reportage à voir ou revoir! 

tva.canoe.ca - Salut, Bonjour! - La fondation Mira





Que se passe t'il dans le cerveau d'un enfant autiste...

Une nouvelle recherche qui sera intéressant de suivre...

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_que-se-passe-t-il-dans-le-cerveau-d-un-enfant-autiste?id=7946338

DEPUIS PLUS DE 5 ANS J'AI OUBLIÉ DE RESPIRER

Ne non, ce n'est pas un spectre de l'au delà qui vous écrit depuis tout ce temps. Quoi que la semaine dernière je faisais plus penser à un corps mort que la maman active que je suis habituellement. Couchée, incapable de me lever, mes enfants ont démontré une grande compréhension et gentillesse à mon égard malgré que cela soit la semaine de relâche. De l’empathie ou simplement pas le choix, parce que les sons qui sortaient de ma bouche ressemblaient beaucoup plus à ceux d'un homme de Neandertal qu'une super maman pleine de super pouvoirs. L'homme de Neandertal qui a pris possession de mon corps a dut  les terrifier peut-être, un peu, beaucoup trop!?! Mauvais timing pour ces satanées vertèbres et nerfs que de se coincer au beau milieu de la nuit du dimanche au lundi, jour 1 de la relâche, en ne faisant que remplir un biberon de lait. Oui oui, vous avez bien lu, un simple biberon m'a mis K.O! Assez humiliant merci! Bref, ça tombait à un bien mauvais moment, car cette semaine là devait faire place à aller glisser, patiner, cinéma, centre d'amusement, alouette! 

Un biberon, qui m'a offert un fort sympathique coincement me laissant presque pour morte dans un amas de coussins et d'oreillers. Mais croyez moi, la douleur me rappelait vite que j'étais belle et bien vivante! Bien vivante, mais en respirant sur un automatisme. Un automatisme comme tout le monde direz vous. C'est ce que je croyais. 

C'est ce que je croyais jusqu'à aujourd'hui. Jour pour lequel je crois m'être remise à respirer pour vrai. Voilà bientôt plus de 4 ans que je ne respire plus. Que je ne pense plus à respirer outre que pour survivre à mon moi-même, à ma réalité. Et la semaine dernière j'ai eut THE avertissement. Le petit signe qui te dit que si tu ne l'écoutes pas il va te faire péter au frette. Qui ça?! Moi?! Aille le grand (ou aille le biberon...) je peux tenir le fort bien plus longtemps que tu ne le crois. Puis oups, la moitié du visage qui t’engourdit te laissant comprendre que finalement IL allait t'avoir.

J'ai pensé mourir la semaine dernière. Le coeur me faisant des petits coucous en me rappelant que lui aussi il était là (j'ai une petite malformation sans gravité immédiate). Puis aujourd'hui j'ai pensé mourir de soulagement que de me retrouver entrain de respirer. Vous savez ces respirations qui vous rappellent à quel point vous êtes important. Important pour tout votre petit monde, mais important pour vous. J'ai eut la chance de me faire offrir une belle détente par ma précieuse Gougounne (vous comprendrez que ce n'est pas son vrai nom. Qui sait, un jour, peut-être, je vous expliquerai notre définition de "gougounne'', mais entendant je lui dis un gros merci). Une heure à flotter, bouchons dans les oreilles à juste être avec le silence, moi........et ma respiration. Cela faisait des lustres que je n'avais pas pris le temps de m'arrêter volontairement et juste écouter mon corps. C'est là que j'ai réalisé que je ne respirais plus depuis trop longtemps. Je retiens mon souffle et up! je respire à nouveau comme si de respirer tout pouvait s'écrouler. Je me retiens de respirer pour pouvoir intervenir, attendre les mauvaises nouvelles, pour survivre à mon destin. J'arrête de respirer au moindre son pour espérer qu'il ne se réveillera pas dans une crise convulsive , je ne respire plus en ouvrant des enveloppes, en allant chez les docteurs, en faisant et attendant à près un peu n'importe quoi. Je ne respire plus pour éviter de souffrir, pour continuer comme si de rien était. Tout cela étant le résultat de trop nombreux diagnostiques et d'épreuves en si peu de temps. Résultat aussi de trop nombreux moments magiques et uniques pour lesquels je retiens mon souffle de peur qu'ils ne reviennent jamais.

Depuis trop longtemps je n'ai plus de conversation avec mon moi-même, je ne m'écoute plus et la semaine dernière j'ai eut l'alarme. Mon souffle trop souvent arrêté m'a passé son message ( bon l'idée du biberon et du dos ce n'était pas la meilleure, mais des fois, il faut ce qu'il faut à ce qu'il paraît....). Respire si tu veux que ton coeur et ton cerveau (tant physique qu'émotif!) suivent ''la run''comme le dit si bien l'expression . 

Aujourd'hui mon corps a recommencé à respirer. Je ne dis pas que c'est revenu un mécanisme normal comme ça l'a été il y a quelques années, je vais surement encore avoir besoin de petites ondes de choc pour me rappeler la chose, mais aujourd'hui respirer m'a fait du bien. Un besoin vital qui a besoin d'entraînement à certains moments de nos vies.

Et vous? Avez-vous respiré aujourd'hui?















mardi 26 février 2013

UNE VIEILLE ÂME?

Petite soeur ce soir a été une vrai grande soeur. Elle manque parfois un peu de tac, réagit peut-être trop vite, mais une chose est certaine elle ne s'en laisse pas passer et son frère, personne y touche ou rit de lui. 

Petite soeur a agit en grande soeur ce soir. Comme à tous les mardi, elle nous accompagne, Zak et moi, à la natation de ce dernier. Depuis plus de deux ans il bénéficie d'un programme dans un collège privé qui paye des cours à des enfants différents, à besoins particuliers. Un beau programme, du un pour un et beaucoup de bonheur pour la matraque. 

Zak aime beaucoup l'eau. Il n'appréciait pas du tout la piscine avant, mais depuis ces cours il adore. Il sait nager comme un poisson dans l'eau du moment qu'on le laisse nager comme bon lui semble. Il sait nager seul,  mais il utilise une nouille le 3/4 du temps, car il reste maladroit et 40 minutes à ne pas toucher fond, ça fatigue son homme! Il joue à pleins de jeux avec son ou sa monitrice. Il aime la plus part du temps.

La plus part du temps!

Il y a eut quelques fois que ça l'a mal tourné. Comme la fois que nous étions trois à le rhabiller dans le vestiaire. La fois que ce sont des agents de sécurité qui me l'on amené dans la voiture. Il y a eut quelques fois qui ont terminé en fugues aussi, mais ce ne sont que des détails comparativement au bonheur qu'il a d'être dans l'eau.

S'y rendre, c'est souvent une catastrophe. Il ne veut pas. Il dit qu'il ne veut pas y aller avec maman, mais avec papa. Si c'est papa il veut y aller avec maman. Il ne veut pas des petites madames qui dansent ( nos amies de l'aqua forme héhé). Par contre, une fois dans l'eau il est toujours heureux. Je crois qu'en deux ans de cours il n'y a eut qu'une fois que lorsqu'il était dans l'eau il a hurlé sa vie ayant une monitrice remplaçante qui n'avait jamais eut un non verbal (ce qu'il était à l'époque). Ce soir, je peux dire qu'on a eut notre deuxième mauvaise fois dans la piscine. Pas pire moyenne en 2 ans non!?

À 15 minutes de la fin de son cours il s'est mis à hurler. Le genre de hurlement qui font que personne ne peut les ignorer. Tous les regards sur lui, car la matraque était vraiment en colère. Je suis donc aller le chercher. Ma doudounne qui habituellement veut suivre ou je devrais dire ne veut pas écouter les consignes parce qu'elle veut elle aussi participer à rinser Zak et l'habiller (de là l'importance de faire comprendre que la maman ou le papa c'est nous), a calmement écouté ma consigne de rester assise sur le banc.

J'ai pu récupérer un fiston hors de lui tout simplement... parce qu'on ne sait pas pourquoi! Ma fille, d'elle même, rendue au vestiaire s'est assise tranquille devant notre casier en me disant qu'elle n'allait pas bouger pour ne pas tomber comme toutes les autres fois. C'est que petite soeur est souvent sur les fesses et à la natation ce n'est pas différent. Depuis les 3 dernières fois elle se retrouve toujours toute mouillée, car elle glisse faute d'écouter la consigne de rester assise. Comme elle déteste être sale ou mouillée, elle se désorganise dut à ses particularités sensorielle. Donc ce soir, elle a comme compris qu'il ne fallait pas courir après les ''4 pattes en l'air'' et bien sagement elle n'a pas bougé me rassurant qu'elle ne tomberait pas si elle ne bougeait pas, ce qui me permettrait de calmer frérot et ainsi le laver et le rhabiller la tête tranquille. 

Tandis que je tentais de justement calmer la matraque, qui tout à coup criait qu'il était le seul Zak sur la terre (le hasard a fait qu'un autre garçon qui s'appelle Zack, a son cours en même temps), qu'il ne voulait pu X comme professeur, que X l'avait touché et que la madame Y n'avait pas à le regarder (j'avoue que celle là, parfois je me l'imagine à prendre une douche glacée pur lui remettre les idées en place. L'autisme c'est pas contagieux madame!), la maman d'un autre petit garçon a ricané de voir mon fils et moi. Pas un rire méchant ou plein de jugement, un petit rire de compassion ajouté à la phrase qui fait tellement de bien : ''je vous comprend, j'en ai un pareil''.

Par contre, ma fille ne l'a pas pris comme ça. Elle a regardé bien droit la madame en lui disant que ce n'était pas drôle. Que son frère était différent et qu'elle ne devait pas rire. La dite madame s'est approchée et lui a dit qu'elle ne riait pas pour rire de lui, mais plutôt de la situation qui, elle, était cocasse (bon on a pas la même vision de ce qui est cocasse, mais enfin....).  Ma fille qui est parfois un peu trop dégourdit, un peu trop direct et sans filtre a renchérit en lui disant que non la situation n'était pas drôle, que ce n'était pas ''cute'' et que surtout ce n'était pas plaisant. La madame lui a demandé pourquoi. Puis petite soeur est repartie de plus belle en lui disant  que son frère était différent, qu'il ne comprenait pas toujours tout et qu'il fallait le laisser tranquille. 

Ma fille a continué à placoter avec cette maman et une autre. Perdant le fil de leur grande discussion j'étais dans ma tête à me dire que ma fille comprenait peut-être trop de choses. Me demandant si c'était une bonne ou mauvaise chose qu'elle soit si au courant et concernée par son frère. Qu'elle était trop mature et plus assez ''petite fille pleine d'innocence''. Ma fille a grandit plus vite que ce qu'elle aurait dut.  Je me suis dit qu'elle le vivait au quotidien donc qu'elle avait vite appris ce que c'était, que ça ne pouvait faire autrement, me disant qu'on avait jamais demandé rien, jamais demandé qu'elle s'en occupe ou autre. Une parade de pensées. Tout cela pendant que mon fils répétait ou plutôt criait son mécontentement de ne plus ''jamais nager dans cette eau".

Lorsque ces deux mamans ont quitté le vestiaire, ma fille a dit quelque chose de vraiment gros pour son petit 4 ans: ''c'est pas parce qu'il est différent mon frère qu'on peut pas aimer ce qu'il est". Dans ces mots à elle, elle a voulu dire qu'il méritait d'être respecté. Qu'on avait pas besoin de le dévisager faire sa crise. ''Mon frère il est différent, mais c'est un garçon aussi''. Des petites phrases pleines de sens. Des petites phrases qui, lorsqu'est venu le temps de sortir des vestiaires et qu'elle a pris la petite main de son frère en lui disant: ''vient mon petit amour on va à la maison tu vas te calmer'' m'ont parues pleine de sens, mais à la fois si irréelles venant d'une si jeune enfant. La maturité qu'elle a acquise avec les handicaps de son frère et ses propres particularités à elle est déconcertante. Mon fils a sa propre défense personnelle dans la personne de sa petite soeur. Et moi qui travaille chaque jour à lui montrer qu'elle n'a pas à jouer à la maman avec Zak, qu'elle n'a pas à en prendre la responsabilité. Est-ce que je suis après rater mon coup? Je ne sais plus trop. Je pense juste que c'est plus fort qu'elle, il y a un lien spéciale et plus fort que tout entre ces deux merveilles de 11 mois de différence. Ma fille profite pleinement de son enfance malgré tout. Je crois qu'ici c'est comme cela que ça se passe. Je crois que nous faisons tout ce qu'il faut pour qu'elle reste une petite fille de son âge. Malheureusement on a pas le contrôle sur la maturité et la sagesse qui s'empare d'elle. Ma fille doit surement être une vieille âme. Ici c'est surement comme cela que ça doit se passer. 

Ça doit surement se passer comme cela entre ces deux amours que l'on aime plus que tout.

Ça doit surement se passer comme cela jusqu'à la prochaine chicane enfantine entre les deux!




*Ce soir, je te dis merci Lyli pour toutes les raisons que tu sais et toutes celles dont tu ignores...nous t'aimons très fort xx