Il y a quelques temps nous avions découvert une partie de l'explication du pourquoi fiston n'aimait pas être dans la berline. Un autre enfant avait un jeu bruyant qui agressait beaucoup Zak. Pas le seul je dois dire. Son ami X non plus n'aimait pas cela. Ce dernier a donc terminé avec des coquilles anti-bruit pour avoir la sainte paix! Mon coco a accepté une fois d'apporter ses coquilles avec lui. Ça l'a rendu trop anxieux. La peur de les perdre et surtout qu'il disait que les coquilles c'étaient pour son ami pour qu'il chante. Je dois dire que cette dernière affirmation je comprenais pas trop au début...
Finalement la meilleure stratégie a été de demander au parent de l'enfant au jeu bruyant de lui faire apporter un autre jeu. Pas de son s'il vous plaît. Depuis, les retours à la maison sont beaucoup moins explosifs. Zak n'arrive pas de l'école en allant directement chercher ses coquilles pour se les mettre sur la tête pour gagner le silence qu'il n'a pas eut dans le trajet.
Par contre, il y a 2 semaines, Zak a mangé un coup au visage de la part d'un autre enfant toujours dans la même berline. Un petit tour à l'école s'est imposé, car ce n'était pas la première fois. Après quelques observations et discussions, nous en sommes venus à conclure que nous ne serions pas dans un état plus calme et serein si tout le long du trajet un individu se couchait sur nous, nous ''kickait'' la botte, nous criait dans les oreilles et finirait en mettant toujours une main dans notre visage. On a donc décidé de changer la matraque tout simplement de place et de l'installer à côté de son ami X, son ami à coquilles.
Cet ami à coquilles, mon fils le nomme le garçon grenouille. De sa petite voix toute douce, mon fils se laisse porter par une petite chanson qu'il chante. Parfois l'ami X me dit qu'il a chanté pour Zak. Que Zak il parle pas mais qu'il aime ça l'entendre chanter. Il me fait fondre à chaque fois. Ce même ami quand je sors coco de la berline me chante la dite chanson. Moi, pour lui faire plaisir je lui demande de me la chanter les soirs qu'il prend congé. Il est tout content et moi je me rappelle qu'il faut pas que je fasse cela, car croyez-moi, elle reste dans la tête! Comme lui aussi a certaines rigidités comme mon fiston, c'est comme maintenant une routine ''obligatoire''. Alors pas moyen d'oublier les paroles et depuis quelques jours, mon fils la fredonne aussi....maman aussi....petite soeur aussi. Manque papa et je vous le dis, ça ne sera pas long qu'il en sera contaminé.
Ces deux enfants extra-or-de-l'ordinaire se complètent bien. Ayant chacun leurs forces et faiblesses ils se côtoient quotidiennement depuis presque 2 ans. Ensemble ils ont fait beaucoup de chemin. Ensemble, ils sont bien. Ils ont une forme de respect plutôt surprenante. Une chose est sur, moi je vois que le garçon grenouille calme énormément mon fils. Il ne le sait fort probablement pas que chaque jour il fait une grosse différence dans sa vie. Enfin Zak peut se sentir en sécurité, pas ''écoeuré'' par Pierre Jean Jacques.
Je constate que de mettre 5 enfants autistes de différents niveaux dans une même berline, c'est comme créer un environnement inégal et involontaire. Elle est à quel endroit la limite de ce que l'on peut accepter d'un et ne pas accepter d'un autre enfant. Un enfant qui vocalise n'a comme pas aucun contrôle sur cela et celui pour qui ça agresse au point de se désorganiser une fois à la maison non plus. L'enfant qui frappe par manque de compréhension on le tolère ou bien il faut faire quelque chose pour celui qui a mangé le coup? Ce que je crois, c'est qu'on n'a pas à prioriser un ou l'autre, mais on doit leur apprendre à se tenir adéquatement en se respectant. Utiliser son gros bon sens c'est logique, mais avec des enfants particuliers ce n'est pas toujours aussi simple. Faut tracer une limite acceptable. Ici c'était la sécurité de mon fils qui était mise en jeu. La maman de l'enfant au jeu bruyant s'est plainte de cette injustice, mais en même temps, si le coco est en mesure d'apporter autre chose pour le confort et le bien être des autres est-ce son enfant qu'on doit prioriser? Au même titre est-ce l'enfant qui frappe qui doit changer de place ou de transport ou l'enfant frappé?
En tout les cas, ici on a trouvé une bonne partie des problématiques du transport. On a tenté de trouver des solutions harmonieuses pour tous les enfants à bord. La solution d’asseoir le garçon grenouille à côté de la matraque s'est avérée presque miraculeuse. Ces deux là se comprennent. Ce soir, comme depuis quelques soirs, le garçon grenouille me dit que Zak ne lui a pas dit bye, mais que moi je lui dit toujours allo et bye. Ce soir, pour la première fois, mon fils a regardé son AMI de la porte de la maison en lui faisant un merveilleux sourire et un discret au revoir de la main. J'ai regardé l'ami pour qui Zak a fait un beau cadeau en lui répondant pour la première fois. Le sourire sur cet enfant d'avoir eut enfin une réponse n'a pas de prix! J'étais tout aussi contente que mon fils lui est répondu comme tout aussi contente que ces deux enfants ''communiquent'' à leur manière ensemble. Et je vais vous dire une dernière chose: mon fils est le plus chanceux d'avoir un ami grenouille pour ami, mais lui ne sait pas la bien qu'il apporte indirectement à ma matraque.
Quand la différence se rejoint, ça peut être quelque chose de merveilleux à voir et vivre!
Merci l'ami à coquilles, de me faire sortir de ma zone de confort, de celle à Zak.
Merci le garçon grenouille d'être extra-or-de-l'ordinaire, car tu ne serais peut-être pas dans la vie de mon fiston. (je sais qu'on ne souhaite pas à nos enfants d'être différents, mais la maman grenouille saura le pourquoi de ce merci...)
Merci W. d'avoir ''sauvé'' les derniers milles de la maternel de la matraque.
Ta maman a de quoi être fière de ta grande âme super coco!
Merci xxxx
