Ouf! presque 3 mois sans venir écrire. Je dois dire que je n'avais rien de particulier à dire ou rien de bien nouveau. J'ai parfois l'impression que malgré cette vie pleines de surprises, de hauts et de bas, tout revient toujours. On donne l'impression d'avoir une vie palpitante, bien (trop!) chargée dans laquelle il se passe tellement de choses qui méritent d'être racontées. Pourtant, nous, parents d'enfants différents on sait qu'au final, outre les victoires qui se font parfois trop attendre, on a toujours les même choses à dire au grand désespoir de nos proches qui ne le vivent pas: ça dort pas, ça mange pas, la crise par ci, la crise par là, oui des victoires, mais trop souvent qui sombrent dans l'oubli parce que les bas sont trop prenants, une fugue par ci, un zéro par là... Bref, quand ce sont toujours les mêmes choses, tu viens presque à avoir le syndrome de pet et répète s'en vont en bateau. Les gens nous trouvent redondants. Puis moi je suis de celles qui a besoin d'en parler, mais à qui ça tanne. Parce que je réalise, que je n'ai que cela, ayant tout laissé tomber du travail aux passe-temps pour ''sauver'' mes enfants qui ne cadrent pas dans le moule si parfait de notre société.
Je me suis levée un beau matin en ayant plus le goût de partager sur un quotidien qui fait trop peur. Sur un quotidien pourtant palpitant, mais dont personne n'envie. Dont personne ne comprend pourquoi je ne le changerais pas. C'était un fameux matin qui m'a rentré dedans plus fort qu'un train TGV.
Ce matin là, j'ai ''pogné mon trou''. J'ai frappé mon mur. J'ai été mis sur le tapis. Ce matin là mon corps a lâché. Depuis plus de 2 mois, je travaille fort à me refaire une santé, une forme, à tenter de penser à la femme que je suis avant tout. Je réalise que je n'ai plus trop le choix. L'âge avance et la réalité est que je devrai être là pour un enfant à besoins particuliers qui deviendra un adulte à besoins particuliers et qui aura besoin de moi rendu à un âge vénérable.
Il est difficile de reprendre le contrôle de sa propre vie malgré qu'on contrôle et gère si bien toute une famille et sa maisonnée. Je suis du genre tête dure et corps invincible. Euh...corps invincible dans mes rêves faut croire! Malgré toute notre volonté, tout continu autour de nous. Nous ne pouvons faire pause et reprendre lorsque nous avons retrouvé notre équilibre. La vie autour continue.
Après un changement de chien (et oui encore....), les compétions de doudounne, le baseball de la matraque, le bénévolat à l'école de fillette, les trop nombreux rendez-vous, les nombreux microbes d'un hiver interminable, la fête de petite soeur et de Zak, le ménage du printemps, les nuits interminables, la médication, les dégâts, les tentatives à la propreté, alouette (aie-je dis que j'avais frappé mon mur !?!), fallait trouver du temps pour moi. Mon corps me le demandait, ou plutôt me l'exigeait de plus en plus.
Mais je n'ai pas trop réussit et j'ai atteint ma limite physique à une vie trop pleine. Je dois faire un gros effort pour arrêter d'être partout et surtout pour tous. On aura beau m'appeler la maman pieuvre, c'est une mission impossible que d'être à mille et uns endroits à la fois, de rendre tout le monde heureux. De guérir les handicaps quels qu'ils soient. Il aura fallu que je sois plus que malade pour le comprendre. Lorsque tu n'es plus capable de manger parce que ton corps rejette tout, je pense que le message ne peut pas être plus claire. Quand le stress, l'anxiété, la peur de ce qui adviendra de nos enfants différents te rend malade tu dois tenter de remédier à cela. On ne peut pas changer la réalité, on ne peut pas changer ces injustices, mais on peut essayer de vivre avec. Le temps a passé depuis tous ces diagnostiques qui ne cessent de s'ajouter, mais je ne suis pas une sainte, je ne l'ai jamais digéré. Puis non je ne l'accepterai jamais, mais je vais apprendre à vivre avec et à toujours en tirer le plus de positif possible.
Ce n'est donc plus un luxe de penser à moi ni une obligation, mais une nécessité parce que ma réalité à moi c'est que je dois être là le plus longtemps possible pour un petit bonhomme qui deviendra fort possiblement un ''homme enfant'' qui aura besoin de moi toute sa vie.
Ce soir j'avais envie de faire ce petit partage pour qu'à votre tour vous fassiez ce qu'il faut. Je ne suis pas la seule maman pieuvre, trop prise par tout, qui a besoin de prioriser sa santé dans toute cette roue qu'est la vie familiale extra-or-de-l'ordinaire et je crois que pour clôturer le mois de l'autisme (désolée j'ai passé pas mal cela sous silence) ça s'apprêtait bien.




.jpg)
